Un tribunal a reconnu mardi un ouvrier agricole coupable du meurtre d'Eugene Terre'Blanche, chantre de la suprématie blanche en Afrique du Sud, disculpant son co-accusé et jugeant que son assassinat à coups de gourdin et de machette n'avait pas eu de motif politique.
Un tribunal a reconnu mardi un ouvrier agricole coupable du meurtre d'Eugene Terre'Blanche, chantre de la suprématie blanche en Afrique du Sud, disculpant son co-accusé et jugeant que son assassinat à coups de gourdin et de machette n'avait pas eu de motif politique. - Stephane de Sakutin afp.com

© 2012 AFP

Un tribunal a reconnu mardi un ouvrier agricole coupable du meurtre d'Eugene Terre'Blanche, chantre de la suprématie blanche en Afrique du Sud, disculpant son co-accusé et jugeant que son assassinat à coups de gourdin et de machette n'avait pas eu de motif politique.

"D'après toutes les preuves apportées, je conclus que l'accusé numéro un est reconnu coupable des chefs d'accusation retenus contre lui. L'accusé numéro deux est seulement coupable de violation de domicile", a annoncé le juge John Horn, dont la sentence sera prononcée ultérieurement.

Chris Mahlangu et Patrick Ndlovu, deux ouvriers agricoles noirs âgés de respectivement 28 et 15 ans au moment des faits, étaient accusés d'avoir battu à mort le cofondateur du Mouvement de résistance afrikaner (AWB), un groupuscule d'extrême droite prônant la domination blanche, dans sa ferme de Ventersdorp (nord-ouest) le 3 avril 2010.

Les deux accusés plaidaient non coupable. Il s'étaient constitués prisonniers le jour du crime, expliquant s'être disputés avec leur patron pour un problème de paye. Ils avaient alors avoué le meurtre, avant de se rétracter.

Patrick Ndlovu, le plus jeune --désormais majeur--, disait vivre chez Terre'Blanche dans un climat de terreur verbale et physique. Il niait toute implication et affirmait que le chef de l'AWB était déjà mort quand il est arrivé sur les lieux. Le juge Horn avait annulé une partie des preuves présentées contre lui pour vice de procédure.

Quant à Chris Mahlangu, il a dit avoir agi par légitime défense quand Terre'Blanche s'est jeté sur lui avec une machette.

Il a également affirmé fin janvier que Terre'Blanche l'avait sodomisé le jour de sa mort, et qu'il l'avait déjà fait une autre fois auparavant. Mais le juge a rejeté ces allégations: "La sodomie est une intrusion tellement personnelle que je ne peux pas croire qu'il n'en ait pas fait part immédiatement", a-t-il déclaré mardi.

John Horn a rejeté la thèse de la légitime défense: "Les preuves montrent que l'accusé numéro un est entré dans la ferme du décédé et a pénétré chez lui avec l'intention de le tuer et de le voler."

"Selon ce qui a été mis en avant par quelques-uns des témoins cités par l'accusé, le différend avec la personne décédée portait sur une question d'argent, et pas sur ses convictions politiques ou l'aversion pour les Noirs", a ajouté le juge.

Chris Mahlangu risque la perpétuité, peine maximum en Afrique du Sud.

Le rapport d'autopsie a montré que Terre'Blanche, tué alors qu'il était allongé sur le dos, n'avait pas cherché à se défendre. Son pantalon était baissé, dévoilant ses parties génitales, et même du sperme au bout du pénis selon la police. Il avait 69 ans.

"Il n'a pas été prouvé que la substance était en effet du sperme et, s'il s'agissait vraiment de sperme, à qui appartenait ce sperme", a relevé le juge à ce propos, la police n'ayant fait faire aucune analyse.

La mort d'Eugene Terre'Blanche avait déchaîné les passions en 2010 et fait craindre une flambée de violences raciales juste avant le Mondial de football, joué en Afrique du Sud.

Mais le procès lui-même, qui traînait en longueur depuis octobre, n'a pas déchaîné les passions. Certains Sud-Africains se sont tout juste délectés du côté scabreux que prenaient les débats.

Une trentaine de militants de l'AWB s'étaient mardi réunis devant le tribunal de la petite ville, agitant le drapeau du mouvement, inspiré de l'emblème nazi avec une sorte de croix gammée à trois branches sur fond rouge. Ils sont restés calmes.