Québec: Les étudiants dénoncent le coût de leur scolarité et une loi liberticide

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Publié le 21 mai 2012.

QUÉBEC - A la veille du 100e jour de grève, la colère des étudiants québécois s'amplifie. Le point sur le mouvement...

Les étudiants québécois ne sont pas près de retourner sur les bancs de la fac. La 27e manifestation nocturne de dimanche, à Montréal, a entraîné plus de 300 arrestations. Mardi 22 mai symbolisera le 100e jour de grève. L’occasion d’un nouveau rassemblement.

Quel a été le déclencheur du mouvement étudiant?

La grève estudiantine québécoise, baptisée «Printemps érable» en référence au printemps arabe, a pour origine la réforme du gouvernement Charest (Parti libéral du Québec). Cette réforme annonce l’augmentation des frais de scolarité universitaires de 82%, les faisant passer de 2.168 à 3.793 dollars canadiens sur sept ans, ce qui représente une hausse annuelle de 194 euros.

Pour faire passer la pilule, le gouvernement a certifié que l’augmentation des bourses et des prêts compenseraient cette réforme, sans parvenir à convaincre les associations étudiantes.

Quelles en ont été les étapes clés?

La grève a débuté officiellement le 13 février dernier, après quelques initiatives isolées. C’est le 22 mars qu’elle a pris de l’ampleur, réunissant entre 150.000 et 200.000 étudiants et membres de la société civile.

La semaine suivante, plusieurs associations étudiantes ont voté une grève générale illimitée, jusqu'à ce que le gouvernement ouvre les négociations avec les étudiants.

Fin avril, des incidents commis par des groupes isolés de casseurs ont engendré des tensions dans les pourparlers et de nouvelles manifestations, alors que la plupart s’étaient déroulées dans le calme. Le 27 avril, une offre du gouvernement Charest, jugée comme «une insulte» a ravivé les tensions, provoquant des rassemblements de plus en plus créatifs (manifestations silencieuses, déguisées…)

Le 14 mai, Line Beauchamp, la ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport, a donné sa démission. Elle a été remplacée le jour même par Michelle Courchesne.

Vendredi 18 mai, la loi 78 a été déposée et adoptée en urgence par le gouvernement Charest afin d’apaiser les esprits, mais n’a fait que les enflammer. Sous couvert de renforcer le droit à l’éducation, elle se révèle liberticide, par l’encadrement étroit des manifestations et les amendes mises en place.

>> Détail de la loi par ici.

Depuis le 24 avril, les manifestations nocturnes s’enchaînent à Montréal rythmées par le slogan: «Manif chaque soir, jusqu'à la victoire».

Quel soutien pour les étudiants?

Le scandale provoqué par l’adoption de la loi 78 a pris le pas sur la hausse des frais de scolarité. Les médias du monde entier relaient de plus en plus les événements, tandis qu’à New York sont prévus des mouvements de soutien mardi 22 mai.

Les réseaux sociaux facilitent la propagation des informations, notamment sur Twitter, avec les hashtags #manifencours, #loi78 ou encore #ggi (pour «grève générale illimitée»).

Le groupe Anonymous s’est rangé du côté des étudiants dans une vidéo publiée samedi.

Malgré ce que disent les sondages, la population ne semble pas dupe de la violence, due à «des casseurs minoritaires» selon Julie, 28 ans, qui vient de terminer ses études: «Dans les rues de Montréal, les gens portent le carré rouge en grand nombre, en appui aux étudiants.»

Quelle suite pour le mouvement?

Une grande manifestation est prévue à Montréal mardi 22 mai lors du 100e jour de grève.

L’issue du conflit reste incertaine, puisqu’en parallèle de la loi 78, le gouvernement Charest a annoncé début mai par la voix du ministre des Finances Raymond Bachand qu’il était «illusoire» de compter sur des négociations, et qu’il comptait davantage sur les élections. Elles ne sont pas prévues avant un an.

Claire Béziau
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