Le Timor oriental a fêté dimanche dix ans d'indépendance, qui ont permis à ce confetti d'Asie du Sud-Est meurtri par des décennies de conflits d'accéder à une "maturité" de bon augure, selon son tout nouveau président, tandis que les Casques bleus s'en vont à la fin de l'année
Le Timor oriental a fêté dimanche dix ans d'indépendance, qui ont permis à ce confetti d'Asie du Sud-Est meurtri par des décennies de conflits d'accéder à une "maturité" de bon augure, selon son tout nouveau président, tandis que les Casques bleus s'en vont à la fin de l'année - Valentino Dariel Sousa afp.com

© 2012 AFP

Le Timor oriental a fêté dimanche dix ans d'indépendance, qui ont permis à ce confetti d'Asie du Sud-Est meurtri par des décennies de conflits d'accéder à une "maturité" de bon augure, selon son tout nouveau président, tandis que les Casques bleus s'en vont à la fin de l'année.

"C'était en ce jour, il y a dix ans, que nous avons pris en main le destin de notre pays, après deux ans et demi d'administration internationale", a rappelé le président Taur Matan Ruak en référence au mandat des Nations unies sous lequel le petit pays avait été placé en 1999 afin de mettre fin à 24 ans d'occupation indonésienne.

L'Indonésie voisine avait envahi le Timor quelques jours après le départ de la puissance coloniale portugaise, en 1975, provoquant un conflit qui a fait 183.000 morts, soit plus du quart de la population de l'époque.

L'indépendance, proclamée une première fois le 28 novembre 1975, avait été rétablie le 20 mai 2002 mais les violences avaient continué à émailler l'histoire de la jeune nation.

Depuis, le pays tout juste adolescent est pacifié, comme l'a prouvé la présidentielle de mars-avril derniers, déroulée sans heurts, s'est félicité M. Ruak, un ancien guérillero tout juste investi à la tête de l'Etat après avoir remporté ce scrutin.

"Le fait que nous ayons récemment organisé une élection qui a été saluée pour l'attitude civique et pacifique de tous ceux qui y ont participé révèle la maturité de notre démocratie", a souligné le général de 55 ans, qui a passé des décennies dans la jungle à lutter contre l'envahisseur indonésien.

Mais, après 13 ans de présence dans le pays, les Casques bleus vont se retirer à la fin de cette année, a rappelé l'ancien chef des forces armées. "Ce sera une mission politique de soutenir le développement et la transformation de notre pays", a-t-il convenu dans un discours au palais présidentiel, en présence de nombreux dignitaires internationaux.

Parmi les invités, figuraient les anciens "ennemis": Anibal Cavaco Silva, président de l'ex-puissance coloniale portugaise, et Susilo Bambang Yudhoyono, président de l'Indonésie voisine qui avait envahi le pays.

Dans son discours d'investiture, prononcé dans la nuit de samedi à dimanche, M. Ruak avait déjà promis "de la sueur et du labeur", soulignant les efforts à faire pour éradiquer la pauvreté endémique dont souffre le Timor. La moitié des 1,1 millions de Timorais vivent sous le seuil international de pauvreté.

Mais le chemin déjà parcouru prouve la capacité des Timorais à bâtir leur avenir, a noté M. Ruak. "Voir ce que notre pays a construit et réussi en dix ans nous rend tous fier... Le 20 mai 2002, presque tout était à faire", a-t-il rappelé.

Aujourd'hui, "avec le soutien de la communauté internationale", le Timor "a construit des écoles, des hôpitaux", "nos forces armées ont été organisées" et "nous avons réhabilité certaines des infrastructures essentielles", a souligné le président.

"Cependant, les défis auxquels notre pays doit faire face vont nécessiter toute mon attention et tout mon dévouement", a-t-il reconnu, appelant en particulier à des législatives, prévues le 7 juillet, aussi pacifiques que la récente présidentielle.

"TMR", comme il est surnommé, avait en particulier admis dans son discours d'investiture la nécessité de "diversifier" une économie essentiellement basée sur les hydrocarbures de la mer du Timor. Cette manne couvre 90% des dépenses de l'Etat, ce qui fait du pays "l'économie au monde la plus dépendante des hydrocarbures", selon le Fonds monétaire international.