Chicago se prépare à accueillir dimanche le sommet de l'Alliance atlantique, mais aussi une cohorte de manifestants, dont la police craint que certains ne viennent en découdre dans les rues de la ville
Chicago se prépare à accueillir dimanche le sommet de l'Alliance atlantique, mais aussi une cohorte de manifestants, dont la police craint que certains ne viennent en découdre dans les rues de la ville - Eva Hambach afp.com

© 2012 AFP

Chicago se prépare à accueillir dimanche le sommet de l'Alliance atlantique, mais aussi une cohorte de manifestants, dont la police craint que certains ne viennent en découdre dans les rues de la ville.

Déjà, lundi, un peu moins d'une semaine avant le début du sommet, huit militants qui manifestaient contre l'Otan ont été arrêtés après avoir refusé de quitter l'immeuble qui abrite le quartier général de la campagne du président sortant Barack Obama.

De manière générale, les forces de l'ordre, la municipalité et les opposants veulent à tout prix éviter une répétition des émeutes d'août 1968, qui, en pleine guerre du Vietnam, avaient perturbé la convention nationale du parti démocrate ou, plus récemment, les épisodes de violence au cours des sommets du G20 à Londres et Toronto.

Garry McCarthy, chef de la police de Chicago, se veut rassurant. "Vous allez assister à un très vaste déploiement d'hommes en uniforme. C'est la clef de notre succès", confie-t-il à l'AFP.

Tout au long du sommet, qui aura lieu dimanche et lundi, des agents seront en faction devant des sites dits "sensibles", comme l'antenne locale de la banque centrale américaine, les succursales de banques ou les omniprésents cafés Starbucks, fréquemment pris pour cibles lors d'émeutes.

Certaines entreprises ont invité leurs cols blancs à tomber cravate et costume, de peur qu'ils soient trop repérables.

La police compte étroitement surveiller les manifestations et les participants. "Nous allons identifier, isoler, extraire de la foule et arrêter les fauteurs de troubles, tout en veillant à ce que tout le monde puisse exercer pacifiquement sa liberté d'expression", souligne M. McCarthy. "Nous nous sommes entraînés. Notre stratégie est en place."

Certes, la décision de déplacer le sommet du G8, prévu vendredi et samedi, de Chicago à Camp David, dans les collines du Maryland (Est), devrait quelque peu calmer les ardeurs de certains, mais les organisateurs des manifestations assurent que les raisons ne manquent pas d'afficher sa colère dans les rues.

"Les banques ont droit à des bonus et à des renflouements, mais nous, tout ce qu'on nous offre, ce sont des mesures d'austérité. C'est ce que prescrivent les 1% (les plus aisés) et bien trop de dirigeants du G8", lance Karen Higgins, co-présidente de l'Union des infirmières, qui appelle à manifester vendredi à Chicago. "Pas étonnant qu'ils (les dirigeants du G8) aient préféré se retirer à Camp David."

Les infirmières et une centaine d'autres organisations --dont des françaises, des britanniques, allemandes ou des coréennes-- vont battre le pavé pour exiger la mise en oeuvre de la "Taxe Robin des Bois" sur les transactions financières.

La manifestation censée rameuter le plus de protestataires doit avoir lieu dimanche, à l'ouverture du sommet.

Las, les cris et appels des militants n'ont aucune chance d'arriver jusqu'aux oreilles des dirigeants: un "cordon de sécurité" très large enserrera le Palais des congrès de McCormick Place, sur les bords du Lac Michigan, où aura lieu le sommet.

Outre les barrières d'usage, les autorités mettront en place une interdiction de survoler le Palais des congrès. Les bateaux ne pourront pas s'approcher et la voie express qui y mène sera fermée.

"Nous essayons de faire en sorte que le quotidien des habitants soit perturbé au minimum, mais nous ne pouvons pas transiger sur la sécurité", pointe George Oglive, un porte-parole du Secret Service, qui assure la sécurité du président américain et des chefs d'Etat étrangers.

"C'est un événement complexe à gérer, mais nous y sommes habitués. Tous les ans, à New York, c'est nous qui assurons la sécurité lors de l'Assemblée générale des Nations unies", insiste-t-il.