Elizabeth II qui fête son jubilé de diamant accueillait vendredi une cinquantaine de représentants de familles royales du monde entier, pour un déjeuner au château de Windsor fort polémique, notamment du fait de la présence des souverains de Bahreïn et du Swaziland.
Elizabeth II qui fête son jubilé de diamant accueillait vendredi une cinquantaine de représentants de familles royales du monde entier, pour un déjeuner au château de Windsor fort polémique, notamment du fait de la présence des souverains de Bahreïn et du Swaziland. - John Stillwell afp.com

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Elizabeth II qui fête son jubilé de diamant accueillait vendredi une cinquantaine de représentants de familles royales du monde entier, pour un déjeuner au château de Windsor fort polémique, notamment du fait de la présence des souverains de Bahreïn et du Swaziland.

Au coeur de la controverse autour du «lunch» de têtes couronnées figuraient Hamad Ben Issa Al-Khalifa, dont le régime est critiqué pour sa répression des manifestations antigouvernementales à Bahreïn, et Mswati III, auquel est reproché son train de vie dispendieux, alors que son royaume du Swaziland s'enfonce dans la misère. La reine, dont on célèbre les 60 ans de règne, a accueilli ses invités à la mi journée entourée de la quasi totalité de la famille royale britannique, dont William et Kate.

«Je ne pense pas que la reine doive se mêler de politique»

Parmi la centaine de badauds, plusieurs Britanniques venus en voisins justifient l'invitation des souverains controversés: «Je ne pense pas que la reine doive se mêler de politique», juge Robert Charles, 72 ans. «C'est une occasion heureuse», renchérit Bernice MacEachern, 60 ans, «la politique ne doit pas interférer».

C'est pourtant la politique qui a contraint la reine Sofia d'Espagne à se décommander 48 heures avant le déjeuner, en raison d'une brouille anglo-espagnole sur Gibraltar et les droits de pêche alentour. Le plus jeune fils de la reine d'Angleterre, le prince Edward et son épouse Sophie Rhys-Jones, doivent se rendre en visite officielle sur le rocher, au grand dam de Madrid qui en revendique la souveraineté. Quant au roi Juan Carlos, il se remet d'une fracture de la hanche contractée lors d'une chasse à l'éléphant au Botswana qui a fait scandale dans son pays.

Buckingham Palace s'est contenté de publier sans commentaires la liste des invités. Et le Foreign office a rappelé que le roi de Bahreïn est «un ami et allié de longue date» du Royaume-Uni, et que Londres «soutient les réformes engagées» dans le royaume.

«Règne despotique» légitimé par la reine

«La liste des invités montre une insensibilité totale aux souffrances des peuples persécutés par ces despotes», a estimé pour sa part Peter Tatchell qui dénonce la présence de 5 souverains du monde arabe ainsi que des rois de Brunei et du Swaziland. Ce militant des droits de l'Homme a appelé à un rassemblement devant le palais de Buckingham à 18h30, où la plupart des convives devaient conclure la journée par un dîner présidé par le prince Charles, premier dans l'ordre de succession au trône.

Mercredi, une trentaine de personnes ont manifesté devant un grand hôtel londonien où le roi du Swaziland, 15ème fortune royale du monde selon le magazine américain Forbes, résiderait avec sa suite. Au Swaziland même, les groupes pro-démocratie ont estimé qu'Elizabeth II légitimait un «règne despotique».

La liste des invités comporte tout le gotha royal: outre l'empereur et l'impératrice du Japon, le roi et la reine de Belgique, les souverains danois, suédois et des Pays-Bas, Albert et Charlène de Monaco, les souverains déposés de Grèce (une lignée dont descend le duc d'Edimbourg), le prince et la princesse de Thaïlande, l'émir du Qatar, le roi et la reine de Jordanie, le prince saoudien, sans oublier le petit royaume du Tonga dans le Pacifique.