Anders Breivik, au tribunal d'Oslo le 19 avril 2012, au quatrième jour de son procès.
Anders Breivik, au tribunal d'Oslo le 19 avril 2012, au quatrième jour de son procès. - REUTERS/Stoyan Nenov

Julien Ménielle

«Tu es un tueur! Va au diable, va en enfer!» Le frère d'une des victimes du massacre d'Utoya, en Norvège, a craqué ce vendredi au procès d'Anders Behring Breivik. Après la lecture des rapports d'autopsies de six jeunes tués à bout portant sur l'île norvégienne, l'homme, un Irakien, a hurlé et jeté une chaussure en direction de l'accusé, sans l'atteindre, révèle ce vendredi le quotidien Aftenposten.

«Si quelqu'un veut me jeter quelque chose dessus, qu'il le fasse sur moi»

«Tu as tué mon frère!», a ajouté l'homme, selon le site norvégien VG, qui publie même une photo de la chaussure utilisée comme projectile. Projectile qui n'a cependant pas touché l'accusé mais seulement son avocate. «Heureusement que ce n'était qu'une chaussure», a réagi cette dernière. «Si quelqu'un veut me jeter quelque chose dessus, qu'il le fasse sur moi quand j'entre ou je sors, pas sur mon avocat», a lancé Breivik à l'assistance.

L'incident, très applaudi, a toutefois entraîné une suspension de séance. L'homme a été évacué de la salle d'audience. Deux heures et demie plus tard, interrogé aux urgences d'Oslo par Aftenposten, il raconte qu'il est venu spécialement d'Irak pour le procès. «Mon frère a été tué sur Utoya. Il était seul en Norvège, sans famille. Le tueur a pris sa vie. Et il a ruiné ma vie et de la famille», a-t-il expliqué, très calme.

«Je voulais juste passer un message au tueur»

Au moment de lancer sa chaussure, après avoir crié, son regard et celui de Breivik se sont croisés. «J'ai réalisé qu'il avait compris mon message», a-t-il affirmé à l'Aftenposten. L'homme se souvient avoir ensuite été applaudi par les personnes présnetes à l'audience. «J'ai réalisé que j'avais fait la bonne chose (...) et que j'ai fait ce que beaucoup voulaient faire», a-t-il indiqué au quotidien, précisant s'être calmé rapidement. «Je vais parler à un psychologue, a-t-il conclu. Mais il n'y a pas de problème avec moi. Je voulais juste passer un message au tueur.»

C'est le premier incident de ce type depuis le début du procès, selon l'Aftenposten. Par le passé, George W. Bush, mais aussi Dominique Strauss-Kahn ou le Premier ministre chinois avaient également été la cible d'attaques à la chaussure.