Des Tigres aux griffes acérées

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Publié le 18 juin 2006.

Qui sont les Tigres de Libération du Tamoul? Eléments de réponse...

 Les rebelles du mouvement des Tigres de Libération de l'Eelam Tamoul (LTTE) combattent pour l'autodétermination du tiers nord-est du Sri Lanka depuis trois décennies. L'Union européenne a décidé le 19 mai de les inscrire sur sa liste d'organisations terroristes, soit neuf ans après les Etats-Unis et quatorze ans après l'Inde qui les accuse d'être impliqués dans l'assassinat de Rajiv Gandhi.

Le conflit tamoul a déjà fait quelque 65.000 morts et un regain de violence, depuis avril, menace la trêve conclue en 2002 sous l'égide de la Norvège. La guérilla, forte d'environ 15.000 combattants et considérée comme l'une des plus efficaces au monde, est connue pour ses commandos-suicide qui ont multiplié les attentats depuis 1987. Initialement, les Tigres, qui avaient déjà contrôlé la péninsule de Jaffna (nord) pendant cinq ans avant d'en être chassés en décembre 1995, entendaient créer un Etat indépendant.
Les Tamouls (majoritairement hindous) représentent quelque 18% des 20 millions de Sri Lankais, contre 74% de Cinghalais (majoritairement bouddhistes). Principalement installés dans les régions de Jaffna et de Trincomalee (est), ils forment une minorité qui s'estime discriminée.
Les rebelles sont dirigés par Velupillai Prabhakaran, l'homme le plus recherché du Sri Lanka qui, à 18 ans, en 1972, a créé les Nouveaux Tigres Tamouls (TNT), devenus les Tigres de Libération de l'Eelam Tamoul (LTTE) en mai 1976. En mai 1975, Velupillai Prabhakaran commet le premier assassinat politique d'envergure à Jaffna, tuant le maire de la ville. Depuis, les Tigres sont tenus responsables de l'assassinat notamment de l'ex-Premier ministre indien Rajiv Gandhi, en mai 1991, et du président du Sri Lanka, Ranasinghe Premadasa, en mai 1993.
Le mouvement est interdit le 26 janvier 1998, au lendemain d'un attentat-suicide meurtrier au Temple de la Dent de Bouddha, un important sanctuaire religieux à Kandy (centre). En décembre 1999, la présidente Chandrika Kumaratunga (1994-2005) est elle-même victime d'un attentat à l'explosif dans lequel elle perd un oeil. Le 22 février 2002, un cessez-le-feu est conclu et, le 4 septembre, l'interdiction des LTTE est levée contre l'avis de la présidente. Anton Balasingham, l'idéologue des Tigres basé à Londres, réclame alors l'autodétermination. Des représentants d'ex-groupes séparatistes tamouls sont déjà intégrés à la vie politique. Des négociations, sous médiation de la Norvège, sont gelées par les LTTE depuis avril 2003. Le nouveau président, Mahinda Rajapakse, élu fin 2005, souhaite revenir sur le projet d'Etat fédéral. Le récent attentat risque de compromettre ses plans…

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