L'émissaire de l'ONU, Kofi Annan, lors d'une visite en Turquie, le 10 avril 2012.
L'émissaire de l'ONU, Kofi Annan, lors d'une visite en Turquie, le 10 avril 2012. - STRINGER TURKEY / REUTERS

Corentin Chauvel avec Reuters

A quelques heures de l’entrée en vigueur du cessez-le-feu entre les forces du régime syrien et les rebelles, la situation restait très confuse en Syrie ce mercredi.

Les forces gouvernementales syriennes pilonnaient toujours les secteurs insurgés de Homs, au nord de Damas. Des vidéos diffusées par l'opposition sur Youtube montrent des obus de mortier s'abattre sur ce quartier, bastion de l'insurrection à 150 km au nord de la capitale. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), basé en Grande-Bretagne, ces tirs ont fait un mort dans la matinée.

Au moins 26 morts mardi

De nouvelles opérations militaires ont également été signalées à Daïr az Zour, dans la vallée de l'Euphrate, où deux personnes auraient été tuées, et dans la région de Djebel Akrad, dans la province côtière de Lattaquié. Dans le sud du pays, près de la frontière jordanienne, les forces gouvernementales, après avoir reçu des renforts, ont mené des perquisitions à Deraa, d'où est parti le soulèvement il y a treize mois.

Mardi, alors que le président Assad était censé retirer ses troupes, ses blindés et ses armes lourdes des agglomérations, les bombardements sur la ville ont fait au moins 26 morts, toujours d'après l'OSDH. Le plan de sortie de crise présenté par l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe, Kofi Annan, et théoriquement accepté par toutes les parties, prévoyait le retrait des forces gouvernementales des zones urbaines le 10 avril, puis un cessez-le-feu total jeudi.

Kofi Annan confiant

En visite ce mercredi en Iran, l'un des rares alliés de la Syrie, Kofi Annan a déclaré que le régime de Damas lui avait assuré qu'il respecterait ce cessez-le-feu. «J'ai reçu du gouvernement (syrien) l'assurance qu'il respectera le cessez-le-feu. Si tout le monde le respecte, je pense que d'ici 6h jeudi matin nous devrions assister à une amélioration des conditions sur le terrain», a indiqué l'émissaire international. Il a jugé important que les gouvernements de la région participent à la recherche d'une solution. Il a ajouté que l'Iran pouvait faire partie de cette solution.

La République islamique a apporté son soutien au plan en six points élaboré par Kofi Annan à condition qu'il ne prône pas une mise à l'écart du président Bachar al-Assad, ce que demandent pourtant les pays occidentaux. La secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, a pour sa part annoncé qu'elle rencontrerait ce mercredi le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, pour lui demander de revoir sa position à l'égard du régime de Damas.

La Chine inquiète

La Russie et la Chine ont opposé par deux fois leur veto à une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU condamnant la répression en Syrie. A Pékin, les autorités chinoises jugent que les efforts pour parvenir à une solution politique à la crise sont arrivés à un «moment critique». «Les violences se poursuivent et le nombre de victimes civiles augmente. La Chine exprime sa profonde inquiétude», a déclaré Liu Weimin, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères. La Chine a invité toutes les parties à respecter le cessez-le-feu prévu pour jeudi matin.

Les violences en Syrie depuis la mi-mars 2011 ont fait plus de 9.000 morts dans la population civile, selon les Nations unies. Le gouvernement de Damas accuse les rebelles d'avoir tué plus de 2.600 membres des forces de sécurité.