Nouvelle condamnation à mort en Chine pour escroquerie financière

Avec Reuters

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Une Chinoise de 30 ans a été condamnée à mort par un tribunal de Wenzhou pour avoir «escroqué» des investisseurs pour un montant de 94 millions de yuans (11,4 millions d'euros), rapporte vendredi l'agence Chine nouvelle.

La jeune femme, Wang Caiping, avait convaincu des entrepreneurs de lui confier 100 millions de yuans entre janvier et octobre 2010 en leur promettant d'acheter de l'équipement, d'investir dans l'immobilier et d'ouvrir des sociétés de garantie de crédit. Elle a, à la place, spéculé avec son frère sur le marché à terme et le marché de l'or, perdant presque toute sa mise en quelques mois. La jeune femme a bien tenté de négocier avec ses créditeurs, mais ceux-ci l'ont livrée à la police. Elle doit purger deux ans de prison avant l'éventuelle exécution de sa peine.

Les internautes mobilisés

Wang Caiping est la deuxième Chinoise condamnée à mort pour une escroquerie de ce genre après Wu Ying, une entrepreneuse de 31 ans qui fut l'une des femmes les plus riches du pays. Cette dernière a été reconnue coupable en 2009 d'avoir détourné 380 millions de yuans (46 millions d'euros) en promettant des retours sur investissement mirobolants. Elle a utilisé les fonds qui lui ont été confiés pour acquérir des biens fonciers s'appréciant rapidement et des produits de luxe qu'elle escomptait revendre en faisant un profit.

Son cas mobilise la communauté des internautes chinois et les entrepreneurs récemment enrichis, qui redoutent qu'elle ne serve de prétexte aux autorités de Pékin pour limiter l'ouverture économique. La Cour suprême, devant laquelle Wu Ying a fait appel, n'a pas encore rendu son verdict. Dans la jurisprudence chinoise, une peine de prison couplée à une condamnation à mort est généralement convertie en perpétuité.