Des civils afghans près du corps d'une des victimes, le 11 mars 2012
Des civils afghans près du corps d'une des victimes, le 11 mars 2012 - Allauddin Khan/AP/SIPA

Mathieu Gruel

Un ou plusieurs militaires américains auraient ouvert le feu sur des civils, dans le sud de l’Afghanistan.

Que s’est-il passé?

Seize civils afghans ont été tués, vers 2h ou 3h du matin, dimanche matin. C’est la première fois qu’un tel massacre, impliquant l’armée américaine et visant des civils, a lieu en Afghanistan.

Où a eu lieu le drame?

Le drame s’est déroulé dans la province afghane de Kandahar, dans le sud du pays. Des militaires seraient sortis de la base de Kandahar et se seraient rendus dans deux villages du district de Panjwayi, qui se trouve à environ 35 km à l'ouest de la ville de Kandahar. Il est considéré comme le berceau spirituel des talibans et un foyer d'activités rebelles.

Qui est l’auteur des faits?

Selon des témoins, plusieurs soldats américains seraient impliqués. Mais Washington et les autorités afghanes imputent cette fusillade à un seul soldat. Il s’agirait d’un sergent  âgé de 38 ans, père de deux enfants, ayant déjà servi trois fois en Irak, avant d’être envoyé en Afghanistan pour la première fois en décembre. Il serait militaire depuis onze ans.

Comment-a-t-il procédé?

Le New York Times rapporte que le sergent a opéré méthodiquement, allant de maison en maison. Il aurait ainsi tué onze personnes dans l’une d’elles, quatre dans une autre et une dans une troisième. Il aurait tué ses victimes à l’arme à feu, brûlant le corps de certaines.

Pourquoi a-t-il fait ça?

D’après le Los Angeles Times, les motivations du soldat sont encore inconnues. Mais cet acte s’inscrit dans un contexte extrêmement tendu, après la profanation du Coran par des militaires américains et les représailles promises par les Talibans. Deux militaires américains, tués ces dernières semaines, étaient affectés à la base de Kandahar.

Que devient le tireur?

L'ambassade des Etats-Unis à Kaboul a fait savoir qu’un militaire aurait été placé aux arrêts à la suite de cette fusillade. De son côté, le général John Allen, chef de la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf) sous commandement de l'Otan, a promis une enquête rapide.

Existe-t-il des précédents?

En mai 2005, des soldats américains s’étaient déjà livrés à de telles  atrocités, en Irak. Ils avaient alors tué 26 civils, principalement des femmes et des enfants, à Haditha, dans la province d’Anbar.