Mitt Romney à Boston avec ses sympathisants, après le Super Tuesday du 6 mars
Mitt Romney à Boston avec ses sympathisants, après le Super Tuesday du 6 mars - Gerald Herbert/AP/SIPA

Propos recueillis par Mathieu Gruel

Selon François Durpaire, chercheur associé au Centre de Recherches d’Histoire Nord-Américaine de l’université Paris 1, Mitt Romney devrait s’imposer dans la course à l’investiture, mais pourrait bien y laisser des plumes face au président sortant.

Mitt Romney sort-il vraiment vainqueur de ce Super Tuesday?

On pourrait croire à une mise en ballotage, mais dans le fond, c'est bien le vainqueur de ce Super Tuesday. Car même dans les états où il est battu, il ne perd que peu de délégués. Il a construit une campagne intelligente, en s'investissant massivement dans des districts qui lui permettent d'engranger des délégués. Une stratégie de campagne qui a d'ailleurs été inspirée par celle de Barack Obama, en 2008.

Il gagne notamment l'Ohio. Faut-il y voir un bon présage pour la suite?

On a beaucoup parlé de l'Ohio, comme d'un état clé de ce Super Tuesday. Mais je crois qu'il s'agit d'une sorte de légende urbaine. L’Ohio est présenté comme un «average state», c'est-à-dire un état moyen, assez représentatif du pays. Une sorte de mini-Amérique. Mais ce n'est pas le fait que Mitt Romney ait gagné dans cet état qui annonce sa future désignation pour autant. En 2008, Barack Obama avait perdu dans  l'Ohio. Il avait quand même été élu à la présidence de la République.

Avec ces victoires,  est-il en bonne position pour obtenir l’investiture républicaine?

Il est déjà en tête au nombre de délégués. Et il y a de grandes chances pour qu'il reste en tête. Même les plus optimistes des projections montrent que Rick Santorum ne devrait pas pouvoir rattraper son retard. Et puis, Mitt Romney va continuer à viser les états clé. Notamment ceux où le gagnant remporte tous les délégués, comme New-York (95 délégués).

Cette longue campagne des républicains peut-elle profiter à Barack Obama?

Le Super Tuesday n'a pas été vraiment «super» cette année. Car il y avait moins d'états en jeu (10 contre 25 en 2008) et parce qu'il n'a pas été décisif. Il va donc falloir attendre... A l'inverse du «momentum», qui consiste en une rapide adhésion qui mène le candidat à la victoire, ces primaires vont donc se jouer sur le long terme. Et difficile de dire dans quelles conditions sera le camp républicain au bout de ces longues primaires. Barack Obama pourrait bien en tirer un certain avantage.