Syrie: Deux journalistes français et américain tués dans un bombardement

CONFLIT Ils ont été atteints par un tir de roquette alors qu'ils fuyaient une maison frappée par un obus...

B. D. avec agences

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Montage de photos représentant la  journaliste américaine, Marie Colvin, et le photojournaliste français Rémi Ochlik, prise en février 2005, tués à Homs, en Syrie le 22 février 2011.

Montage de photos représentant la journaliste américaine, Marie Colvin, et le photojournaliste français Rémi Ochlik, prise en février 2005, tués à Homs, en Syrie le 22 février 2011. — AFP PHOTO / SUNDAY TIMES

Les journalistes français, Rémi Ochlik, et américaine, Marie Colvin, ont été tués ce mercredi dans la ville rebelle de Homs, dans le centre de la Syrie, selon le groupe d'opposition Réseau syrien pour les droits de l'homme. L'information a été confirmée en France par les ministres Nathalie Kosciusko-Morizet et Frédéric Mitterrand.

«Grande émotion» en conseil des ministres

Rémi Ochlik, 28 ans, était un photographe de guerre de l'agence IP3 Press, qu'il avait co-fondée en 2005. Il avait notamment couvert les révolutions arabes de 2011 en Tunisie, en Egypte et en Libye, et avait été publié dans Paris Match, Le Monde Magazine, VSDTime Magazine ou encore The Wall Street Journal. Il avait remporté le Grand Prix du festival européen de journalisme Scoop Grand Lille, en décembre 2011, et était lauréat du World Press pour un reportage en Libye.

Marie Colvin était une ressortissante américaine installée à Londres et correspondante de guerre pour le Sunday Times qui a couvert de nombreux conflits en Yougoslavie, en Iran, au Sri Lanka et récemment lors du «printemps arabe». Son dernier reportage, en Syrie, est visible par ici. Au sortir du Conseil des ministres, Frédéric Mitterrand a confirmé la mort des deux journalistes ainsi que leur identité. Il a ajouté que ces deux décès sont «absolument bouleversants», et précisé que l'annonce avait été faite au cours du conseil des ministres, qui a connu «une grande émotion».

Moins de deux mois après la mort de Gilles Jacquier

Un témoin a précisé à Reuters qu'un obus a frappé la maison dans laquelle les deux journalistes se trouvaient et qu'ils ont ensuite été touchés par une roquette au moment où ils s'enfuyaient. «Deux journalistes ont été tués quand les bombardements ont visé notre centre de presse dans le quartier de Baba Amr. Trois ou quatre autres journalistes étrangers ont été blessés», a de son côté indiqué à l'AFP le militant Omar Chaker à Baba Amr, contacté via Skype. Une journaliste du Figaro, Edith Bouvier, fait partie des blessés, a précisé le quotidien.

Ces décès surviennent moins de deux mois après la mort du grand reporter français Gilles Jacquier, le 11 janvier dernier. Gilles Jacquier a été le premier journaliste occidental tué en Syrie depuis le début de la révolte populaire contre le régime de Bachar al-Assad, il y a dix mois. Il a lui aussi péri à Homs, lors d'un voyage autorisé par les autorités qui restreignent drastiquement les mouvements des journalistes dans le pays. Aucun témoin sur place n'a pu établir si l'obus qui l'a tué avait été tiré par un rebelle syrien ou s'il s'agissait d'un tir de l'armée syrienne

>> Regardez la réaction de Valérie Pécresse, porte-parole du gouvernement: