Les parlementaires grecques, lors de l'adoption d'un nouveau plan d'austérité, le 12 février à Athènes.
Les parlementaires grecques, lors de l'adoption d'un nouveau plan d'austérité, le 12 février à Athènes. - Dimitri Messinis/AP/SIPA

De notre envoyée spéciale en Grèce,

Georges Papandréou, l'ancien Premier ministre grec, s’est excusé de la gabegie des élus, dimanche dernier, depuis le Parlement. La scène a été très peu rapportée par les médias, et pourtant elle est historique. En Grèce, la population a un fort ressentiment envers des élites qui ont massivement pioché dans les caisses ces dernières décennies.

«Qu’ils s’en aillent tous! Ils ne sont bons qu’à se faire construire des piscines!» s’énerve Apostolos, un retraité. Mais la corruption n’est pas le seul fait des politiques. Elle est aussi pratiquée par tout un chacun, surtout les autres. «Tu soulèves une pierre, il y a de la corruption en dessous!» s’exclame Angelica. «Quand une nouvelle route est construite, un intermédiaire s’interpose et empoche une grosse commission. Du coup, la route est faite avec des matériaux de moins bonne qualité, et du coup il y a des accidents», raconte, parmi ses nombreuses anecdotes, cette employée dans un musée de la capitale.

Le secteur de la santé est frappé par la corruption

Trois jeunes femmes dégustent un capuccino dans le très chic Café d’Athènes. Elles sont juges. Elles entendent parler d’histoires de bakchich tous les jours. «Le pire, dit l’une d’elles, ce sont les fonctionnaires qui émettent des documents officiels, ou les collecteurs de taxes. Ils accélèrent ou ralentissent les dossiers au gré du dessous de table.» Le secteur de la santé est aussi très touché par les pots de vin. «Des docteurs dans des hôpitaux n’hésitent pas à magouiller. Les gens commencent vraiment à saturer de ce système de fonctionnement.» constate Sophia, une pharmacienne.

Costas Bakouris, le président de Transparency International pour la Grèce a une seule raison d’espérer: «La corruption n’a pas baissé, mais les gens se disent de plus en plus qu’ils ont peut-être fait des erreurs par le passé et qu’il faudrait procéder autrement, avec un système plus organisé». Dans le plan imposé par la troïka figure d'ailleurs un volet anti-corruption.

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