La perspective de la faillite de la Grèce s'éloigne pour le moment. Le Parlement grec a approuvé lundi matin la loi d'austérité très impopulaire destinée à assurer l'octroi au pays d'une deuxième aide financière de la part de l'Union européenne et du Fonds monétaire internaional et à éviter une cessation de paiement.
Economies de 3,3 milliards d'euros
Elle vise à économiser 3,3 milliards d'euros grâce notamment à une baisse de 22% du salaire minimum (ramenée à 586 euros bruts sur 14 mois) et la suppression de 15.000 emplois publics.
En contrepartie, la Grèce devrait être renflouée par des prêts publics de 130 milliards d'euros et par l'effacement de 100 milliards de créances détenues par banques et fonds.
Dimanche après-midi, des émeutes ont éclaté avant le vote du Parlement.
Dans la capitale, six personnes ont été blessées, puis hospitalisées, au cours d'affrontements entre forces anti-émeutes et des groupes de jeunes dans les rues adjacentes de la place Syntagma devant le Parlement, selon une source du ministère de la Santé. Au total, plus de 10 bâtiments ont été incendiés selon les pompiers à Athènes.
Champs de bataille
Les incidents ont commencé quand un groupe de contestataires a fait pression sur l'important cordon policier disposé autour du bâtiment. La police a aussitôt riposté en faisant usage de gaz lacrymogène.
Les manifestants se sont alors retirés dans les rues adjacentes, qui se sont transformées en champs de bataille : des manifestants jetaient des pierres, des morceaux de marbre et des cocktails Molotov sur les forces antiémeutes.
Les heurts se sont poursuivis pendant plus de deux heures dans le centre-ville.
80.000 manifestants selon la police
Environ 80.000 manifestants, selon la police, ont afflué dimanche après-midi dans le centre d'Athènes sur la place de Syntagma, à l'appel des syndicats et de l'opposition, pour dire non à une nouvelle cure d'austérité.
Vingt mille personnes ont également manifesté à Salonique, la deuxième ville grecque. La police a recensé six banques endommagées.