Sénégal: Un mort après de nouvelles manifestations

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Publié le 1 février 2012.

MONDE - Quatre personnes ont déjà été tuées ces derniers jours...

Une personne a été tuée mardi à Dakar lors de nouveaux incidents entre manifestants et forces de sécurité sénégalaises en marge d'un rassemblement de protestation contre la candidature d'Abdoulaye Wade à un troisième mandat présidentiel lors de l'élection du 26 février. La victime, un étudiant âgé de 30 ans, a été écrasée par un camion alors que la manifestation dégénérait, a déclaré un responsable du gouvernement sous couvert d'anonymat.

Mardi, de nouveaux incidents ont éclaté dans la capitale entre des manifestants lanceurs de pierres et les policiers, qui ont riposté à coups de matraques et de gaz lacrymogènes. Les manifestants et les dirigeants de l'opposition, rassemblés au sein du Mouvement du 23-Juin (M23), s'étaient donné rendez-vous dans le centre de Dakar pour presser le chef de l'Etat, âgé de 85 ans, de revenir sur sa décision.

«Un coup d'Etat civil est bien plus dur»

Pour les dirigeants du M23, qui ont menacé de rendre le pays ingouvernable, la décision du tribunal suprême de rejeter la candidature du chanteur Youssou N’Dour équivaut à un «coup d'Etat constitutionnel». «Lorsqu'on parle d'un coup d'Etat, on pense à l'armée. Mais un coup d'Etat civil est bien plus dur parce que c'est une chose que nous ne voyons pas, mais dont nous faisons l'expérience», a déclaré mardi Youssou N'Dour avant de prendre la parole devant les manifestants.

Le Conseil constitutionnel, dont les cinq magistrats ont été nommés par Abdoulaye Wade, a jugé dimanche que le président sortant était habilité à briguer un troisième mandat et que sa candidature était conforme à la règle limitant les mandats présidentiels. La décision du Conseil constitutionnel a provoqué des manifestations à travers le pays.

Quatre morts depuis vendredi

Abdoulaye Wade, qui a été réélu en 2007, argue que son premier mandat, qui a débuté en 2000, ne doit pas être pris en compte dans l'application de la règle introduite en 2001 dans la Constitution qui limite l'exercice du pouvoir suprême à deux mandats. Les «sages» lui ont donné raison en considérant que la réforme constitutionnelle ne couvrait pas ce premier mandat.

Depuis les premières manifestations contre sa nouvelle candidature, qui ont débuté vendredi, quatre personnes ont été tuées, dont une femme et un lycéen lundi à Podor, une ville frontière qui borde la Mauritanie. Vendredi soir, un policier avait été tué lors d'émeutes dans les rues de Dakar.

Wade «doit se retirer pour préserver la paix et la sécurité»

Alioune Tine, président du réseau des droits de l'homme Raddho et coordinateur du M23, a déclaré au micro de la radio RFM que la seule manière d'apaiser la situation était que Wade retire sa candidature. «Il faut dire la vérité à Wade. Il doit se retirer pour préserver la paix et la sécurité», a-t-il déclaré.

A New York, les Nations unies ont appelé mardi les parties à s'abstenir de toute violence. Dans un communiqué, les services de Ban Ki-moon font savoir que le secrétaire général de l'ONU «est préoccupé par la montée des tensions au Sénégal». Lundi, les Etats-Unis avaient estimé que la décision d'Abdoulaye Wade risquait de mettre en danger la démocratie sénégalaise.

C.C. avec Reuters
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