Naufrage du Concordia: Les recherches suspendues

DRAME Le commandant Schettino est sorti de prison dans la nuit, et est désormais assigné à résidence...

E.O., avec agences

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Le commandant du Costa Concordia Francesco Schettino, à sa sortie du tribunal de Grosseto, le 17 janvier 2012.

Le commandant du Costa Concordia Francesco Schettino, à sa sortie du tribunal de Grosseto, le 17 janvier 2012. — Alessandro La Rocca/AP/SIPA

Les plongeurs italiens qui inspectent l'intérieur du paquebot Costa Concordia ont suspendu leurs recherches ce mercredi matin, le navire ayant légèrement glissé sur le sol, a-t-on appris de source autorisée. On ignore encore quand les recherches d'éventuels survivants de la catastrophe pourront reprendre.

«Pour le moment nous ne pouvons même pas nous en approcher», a déclaré à l'AFP un porte-parole des pompiers. «Nous avons pratiquement achevé le contrôle de la partie en dehors de l'eau», a-t-il précisé. Dès l'aube, deux équipes de plongeurs-scaphandriers de la marine italienne avaient repris leur activité d'exploration de la partie submergée en perçant des trous avec des mini-charges explosives dans la coque. Les recherches se concentrent sur une partie située à 18 mètres de profondeur qui correspond au pont numéro 4 du navire, où ont été trouvés cinq cadavres mardi, tous portant des gilets de sauvetage et serrés les uns contre les autres.

Le bilan du naufrage du Concordia s’élève actuellement à onze morts, dont deux Français. 28 personnes manquent toujours à l’appel. Il s'agit de 25 passagers - 13 Allemands, cinq Italiens, quatre Français, deux Américains - et quatre membres d'équipage: un Italien, un Hongrois, un Péruvien et un Indien. Parmi elles, figurent sans doute six corps retrouvés mardi sur le bateau mais toujours pas identifiés.

Le commandant soumis à des analyses

Francesco Schettino est par ailleurs sorti de prison cette nuit. Incarcéré depuis samedi, le commandant du Costa Concordia est désormais assigné à résidence, à Meta di Sorrento. Il est arrivé chez lui vers 2h du matin, escorté par la police et des carabiniers, en tentant d’éviter les photographes et les cameramen. Accompagné de son épouse et de son frère, il a pénétré dans sa maison par une entrée secondaire.

Le commandant est poursuivi pour homicides multiples et abandon de navire. Il est notamment accusé d’avoir donné l’alerte trop tard après le choc entre son bateau et le rocher, d’avoir mal organisé l’évacuation des 4.200 personnes à bord, et d’avoir quitté le Concordia bien avant que tous les passagers ne soient secourus.

>> Tout ce qui est reproché au commandant

Selon des sources proches de l'enquête, il sera soumis à des analyses pour vérifier s'il a absorbé des stupéfiants ou d'autres substances toxiques la nuit du naufrage.

Schettino dit être tombé dans une chaloupe

Entendu pendant trois heures mardi par une juge des enquêtes préliminaires, le commandant a «donné ses explications», notamment sur le retard mis à donner l'alerte après la collision du navire avec un rocher à moins de 500 mètres de la côte de l'île du Giglio, a expliqué son avocat, Me Bruno Leporatti.

Selon ce dernier, le capitaine a aussi catégoriquement démenti avoir abandonné le navire avant l'évacuation des derniers passagers et affirmé avoir «sauvé des milliers de vie» en effectuant une manœuvre pour ramener le navire vers la côte. Il aurait également expliqué être tombé dans une chaloupe de sauvetage qu'il était en train de manoeuvrer pour aider les passagers dans l'évacuation et n'avoir pas pu remonter à bord..

Des heures sur les rochers à regarder le sauvetage

Les magistrats-enquêteurs du parquet avaient demandé le maintien en détention du commandant. Dans la soirée de mardi, le procureur Francesco Verusio a affirmé «ne pas comprendre» la décision de le libérer. Afin d'expliquer son assignation à résidence, la juge Valeria Montesarchio a estimé qu'il n'y avait pas de risques de fuite, mais seulement de «dissimulation de preuves».

Dans les motivations de sa décision de le faire relâcher, la juge  relève toutefois le maintien de «graves indices de culpabilité», notant qu'il n'a fait «aucune tentative sérieuse» de retourner «au moins à proximité du navire», après l'avoir quitté en pleine évacuation. Une fois descendu, a-t-elle noté, il est resté pendant des heures sur les rochers avec l'équipage à regarder les opérations de sauvetage.