Jeudi dernier, USA Today a révélé que la NSA, l'agence américaine chargée du renseignement électronique, se procurait les relevés téléphoniques de dizaines de millions d'Américains pour combattre les réseaux terroristes. L'affaire a aussitôt scandalisé de nombreux parlementaires et médias, relançant le débat sur l'équilibre entre lutte antiterroriste et protection des libertés.
Samedi, le président américain, George W. Bush, s'est donc efforcé de faire taire les critiques. « Il est important que les Américains comprennent que nos activités visent strictement Al-Qaida et ses affiliés connus », a tenté de justifier Bush dans son allocution hebdomadaire à la radio. Il a assuré que ces opérations de renseignement étaient « légales » et que les parlementaires, tant républicains que démocrates, avaient été informés de façon adéquate à ce sujet.
Reste que, pour 53 % des Américains, la création d'une base de données téléphoniques rassemblant les appels est une ingérence dans la vie privée, et que l'administration Bush va trop loin, selon un sondage rendu public samedi par l'hebdomadaire Newsweek. L'enquête indique en outre que 71 % des Américains ne sont pas satisfaits de la direction dans laquelle vont les Etats-Unis alors que cette proportion n'était que de 64 % en mars.
F. V. (avec AFP)