La communauté internationale doit renouveler lundi son engagement auprès de l'Afghanistan après son retrait militaire fin 2014, lors d'une conférence à Bonn, ternie par le boycott pakistanais et les tensions entre l'Iran et les Occidentaux.
La communauté internationale doit renouveler lundi son engagement auprès de l'Afghanistan après son retrait militaire fin 2014, lors d'une conférence à Bonn, ternie par le boycott pakistanais et les tensions entre l'Iran et les Occidentaux. - Mark Garten afp.com

© 2011 AFP

La communauté internationale doit renouveler ce lundi son engagement auprès de l'Afghanistan après son retrait militaire fin 2014, lors d'une conférence à Bonn, ternie par le boycott pakistanais et les tensions entre l'Iran et les Occidentaux. «Nous sommes à Bonn pour dire: nous continuerons de soutenir l'Afghanistan», a déclaré dimanche le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, à la veille de la réunion d'une centaine de délégations de pays -au niveau des ministres des Affaires étrangères- et organisations internationales dans l'ex-capitale allemande.

Le boycott de cette réunion par Islamabad en représailles à un bombardement de la force de l'Otan en Afghanistan (Isaf) de son côté de la frontière, qui a tué 24 soldats pakistanais, a jeté une ombre sur les discussions. «Cela aurait été mieux s'il avait participé», a commenté Ban Ki-Moon à propos de ce puissant voisin oriental de l'Afghanistan, considéré comme incontournable dans tout éventuel processus de paix en raison de ses liens avec les talibans.

Relations tendues

Le président afghan Hamid Karzaï a accusé le Pakistan de freiner toute négociation avec les talibans, dans un entretien à l'hebdomadaire allemand Der Spiegel. «Jusqu'à présent, ils ont malheureusement toujours refusé d'apporter leur aide à la réalisation de pourparlers avec la direction des talibans», a-t-il dit. Les Occidentaux avaient un temps espéré intégrer quelques représentants des talibans à la délégation afghane en Allemagne, selon des diplomates.

Mais les «contacts» entamés depuis le début de l'année ont tourné court et l'assassinat mi-septembre, par un prétendu émissaire taliban, du négociateur en chef du gouvernement afghan, l'ex-président Burhanuddin Rabbani, a achevé de ruiner le processus.

Comble de malchance, les relations entre les Occidentaux et l'Iran, voisin occidental de l'Afghanistan, se sont encore tendues, juste avant la Conférence de Bonn, après l'attaque de l'ambasse britannique à Téhéran mardi dernier. Dimanche, l'Iran a affirmé avoir abattu un drone de reconnaissance américain «dans l'est du pays», frontalier de l'Afghanistan et du Pakistan, selon des médias iraniens. Dans ce climat de tensions, doit être adoptée à Bonn une déclaration finale sur un «engagement très général» au côté de l'Afghanistan, sans chiffres concrets, selon des sources diplomatiques.