Arnaldo Otegi, dirigeant de Batasuna, le bras politique de l'organisation séparatiste basque ETA, a été condamné hier à quinze mois de prison pour apologie du terrorisme. Motif : il avait, selon une source judiciaire, rendu un hommage public à un membre de l'ETA en 2003. Otegi est pourtant un interlocuteur clé dans le processus de paix au Pays basque, ouvert après la déclaration du cessez-le-feu de l'ETA, le 22 mars dernier. « C'est un acte totalement schizophrène de la part de Madrid, estime Jean Chalvidant, auteur de ETA, l'enquête. D'un côté on lance un dialogue, de l'autre on poursuit les arrestations, comme si le cessez-le-feu de l'ETA n'avait jamais été prononcé ». Selon lui, « Madrid agit ainsi car pour l'instant, il n'est pas sûr que la trêve soit effective. »
La condamnation d'Otegi s'ajoute à une autre peine d'un an prononcée contre lui en novembre 2005 pour « injure au roi » d'Espagne, qu'il avait qualifié de « chef des tortionnaires ». Le total de ces peines dépassant les deux ans, la sentence est en principe ferme. Otegi risque donc bel et bien d'être incarcéré.
Faustine Vincent