L'un des avocats de Nafissatou Diallo, Douglas Wigdor, le 23 août 2011, à Paris.
L'un des avocats de Nafissatou Diallo, Douglas Wigdor, le 23 août 2011, à Paris. - E.FEFERBERG / AFP

Corentin Chauvel

Alors que la première audience dans la procédure civile qui oppose Nafissatou Diallo à Dominique Strauss-Kahn a été reportée, les avocats de la femme de chambre affichent leur défense cartes sur table et rejette tout complot mené à l’encontre de l’ex-directeur du FMI.

«Telle qu'elle est avancée, cette hypothèse d'un complot est ridicule. Une plaisanterie!», a déclaré ce lundi au Figaro Douglas Wigdor, de passage à Paris. «Vous imaginez possible de manipuler ma cliente et tous ces gens du Sofitel pour monter un piège? Vous les voyez travailler tous pour Nicolas Sarkozy ou son parti? Cela ne tient pas la route», ajoute-t-il.

C’est ainsi que l’avocat, associé à Kenneth Thompson, dévoile ses objectifs: «(Nous) cherchons à accumuler des preuves sur le comportement violent de Dominique Strauss-Kahn vis-à-vis des femmes.» Parmi celles-ci, «des témoignages, des vidéos, des documents écrits».

«Ces femmes pourraient être obligées de participer à la procédure civile»

L’affaire du Carlton de Lille intéresse Douglas Wigdor, qui n’indique cependant pas clairement s’il a pu contacter directement des femmes impliquées dans le dossier. «Notre objectif est bien de convaincre des femmes qui auraient été confrontées à l'usage de la force ou de la contrainte par DSK d'apporter leur concours à notre procédure. En toute hypothèse, en vertu des conventions internationales, ces femmes pourraient même être obligées de participer à la procédure civile», souligne-t-il, ajoutant qu’il avait également rencontré l’avocat de Tristane Banon.

Mais rien ne dit que ces témoignages potentiels puissent être pris en compte par la justice américaine, reconnaît l’avocat. «Au final, il appartiendra au juge de dire quels éléments de preuves peuvent être produits ou non», explique Douglas Wigdor, qui ne voit «pas un procès se tenir avant deux ans.»

Le mystérieux homme d’affaires de la chambre 2820

Avant de rejoindre la chambre de DSK, Nafissatou Diallo s’était rendue trois fois dans la chambre 2820, située au même étage que la fameuse suite 2806. Son occupant était un «homme d'affaires français» dont l’identité reste inconnue, révèle Libération ce lundi. Celui-ci avait indiqué aux enquêteurs «qu'il était quelques jours en vacances à New York». La femme de chambre serait retournée dans la chambre 2820 après son agression présumée.