Des manifestants place Tahrir, au Caire, ce jeudi 24 novembre - Bernat Armangue/AP/SIPA
Des manifestants place Tahrir, au Caire, ce jeudi 24 novembre - Bernat Armangue/AP/SIPA - no credit

Philippe, internaute de 20minutes.fr

Je suis un Français résidant au Caire avec ma famille depuis fin août à Maadi, à 13km au sud de la place Tahrir. En ces périodes d'élections et d'incertitudes, la vie continue normalement même si évidemment, tout le monde est inquiet d'un avenir qui reste à écrire.

«Les troubles sont cantonnés à la place Tahrir»

Le quotidien n'a pas changé pour nous comme pour la plupart des Cairotes, les troubles étant cantonnés aux abords de la place Tahrir. Tout le monde travaille normalement et les commerces -en dehors de la place Tahrir et de ses rues adjacentes- sont tous ouverts. Du fait de la position centrale de la place Tahrir, il peut être nécessaire de faire des détours conséquents, en particulier pour se rendre et quitter l'île de Zamalek, qui abrite les ambassades et bon nombre d'expatriés. Les écoles sont ouvertes, même si certaines ferment plus tôt à cause des problèmes de circulation engendrés par la fermeture du rond point de la place Tahrir.

Sur la place, l’atmosphère est militante et bonne enfant, des gens de tous âges sont regroupés. Dans les rues adjacentes à la place Tahrir, l'ambiance est plus combative. Il y a beaucoup de jeunes voire très jeunes avec des casques de chantier, des lunettes de plongée, des masques à gaz de tout type. L’ambiance n’est plus bonne enfant mais survoltée: les cris et bras levés sont plus soutenus. Les manifestants tiennent des barricades et se font charger à coup de lacrymogènes tirés par des blindés de la police anti-émeutes. Les rues sont jonchées de débris.

«Beaucoup de gens semblent avant tout préoccupés par leur situation économique»

Tout le monde est inquiet car c'est une situation inédite et nul ne sait ce qu'il va se passer dans les jours à venir. Cette inquiétude est le principal sujet de conversation et se manifeste par un grand désarroi dans les discussions. Avec la reprise des heurts sur la place Tahrir, l’optimisme n'est plus de rigueur. Les avis sont très diversifiés mais beaucoup de gens semblent avant tout préoccupés par leur situation économique au jour le jour. Ils sont donc selon moi plutôt hostiles au mouvement de la place Tahrir car il le considère comme responsable des troubles.

Le consulat invite à une «attitude d'extrême prudence»

En dehors de la place Tahrir, aucun événement n’est à déplorer. Ce qu’atteste également le «message aux Français» envoyé ce mardi par le consulat de France à la communauté française. Le consul conseille de «se tenir éloigné de tout rassemblement, (de) limiter les déplacements non essentiels (…) dans une attitude d’extrême prudence» tout en rappelant que «comme chacun peut le voir, à ce stade, la vie quotidienne continue normalement dans la plupart des quartiers du Caire comme d'Alexandrie».

Lire d’autres témoignages de Philippe sur son blog: Cairolo, déambulations en vélo dans la plus grande ville d'Afrique et du Moyen-Orient.

>> Vous êtes en Egypte, racontez-nous la situation sur place