L'héritage de Silvio Berlusconi (3/3): Echecs, crises et désillusions

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Publié le 15 novembre 2011.

ITALIE - Que lègue le chef du gouvernement Silvio Berlusconi à son pays? «20 Minutes» dresse son héritage...

L’inoxydable Silvio Berlusconi a chuté la semaine dernière. Déjouant tous les pronostics sur sa longévité politique, le chef du gouvernement italien, 75 ans, a dû démissionner de son poste, empêtré dans les difficultés économiques et en perte de crédibilité. Que retenir de dix ans de présidence du Conseil italien? 20 Minutes dresse l’héritage d’un homme hors du commun…

>> Retrouvez ici l'épisode 1: un personnage hors du commun

>> Par là, notre diaporama Berlusconi et les femmes

La crise de la dette italienne

Evaluée à 1.900 milliards d’euros, c’est sur ce gouffre que Silvio Berlusconi a chuté. L’Italie est considéré comme l’un des pays les plus endettés au monde. L'ancien commissaire européen Mario Monti, qui succède à Silvio Berlusconi à la tête du Conseil, a la lourde tâche de rassurer les marchés et de rétablir la confiance sur la crédibilité du pays. Ce dernier a d’ailleurs estimé que le pays «peut vaincre» la crise de la dette «grâce à un effort collectif». Héritage empoisonné des années Berlusconi, cette crise s’est notamment développée grâce à l’inaction politique chronique du «Cavaliere» durant son mandat.

>> Par ici, l'épisode 2: Scandales, sexe et pouvoir

La crise sociale

Le chômage, évalué à 8%, fait surtout des victimes chez les jeunes de moins de 30 ans. En janvier 2011, celui-ci touchait 28.9% des jeunes, un chiffre record, rapporte alors le quotidien milanais Il Corriere della Sera. Le système d’indemnisation du chômage étant différent de celui de l’Hexagone, il n’est pas rare que ces jeunes ne perçoivent aucun subside, et qu’ils doivent ainsi rester dans leurs familles pour vivre correctement. Conséquence directe de ce chômage, un mouvement d’expatriation des jeunes diplômés italiens.

Le «cas» de Naples et l’impossible crise des ordures

LaSilvio Berlusconi lors de son départ de sa résidence, le palais Grazioli, à Rome, le 13 novembre 2011." target="_blank"> ville de Naples, sa pizza, sa côte méditerranéenne et ses îles de Capri et Ischia, ses vestiges archéologiques... A côté du charmant tableau touristique, se joue une grave crise sanitaire qui n’a, jusqu’ici, pas connu de solution: les ordures submergent certains quartiers de la troisième ville d’Italie, et dans la campagne, ces ordures, qui viennent de tout le pays, sont déversées dans la nature, parfois sans aucun traitement.

Cette situation a provoqué des manifestations violentes en 2010. Si Silvio Berlusconi avait promis, en octobre de cette même année, de régler cette situation en «trois jours» en envoyant l’armée, le résultat a été vain. Aucune solution n’a été trouvée en plus de dix ans de pouvoir.

Le scandale de la reconstruction de L’Aquila

Le 6 avril 2009, un séisme dans la région des Abruzzes a provoqué la mort de 300 personnes dans la cité de L’Aquila. Le chef du gouvernement, visitant les ruines, avait alors promis une reconstruction de la ville et l’amélioration rapide des conditions de vie des survivants.

Les mois, les années ont passé et une partie de cette ville reste toujours interdite, sans qu’aucune opération de réhabilitation n’ait été entreprise. Certains survivants vivent encore dans des bâtiments considérés juste après la catastrophe comme provisoires.

Par ailleurs, en février 2010, le chef de la protection civile italienne, Guido Bertolaso, surnommé «le héros de L'Aquila» pour sa gestion des secours à la suite de la catastrophe, était visé par une enquête de corruption. En cause: des pots-de-vin versés à des fonctionnaires de la part d’entrepreneurs pour des travaux publics réalisés en vue du sommet du G8 de juillet 2009. La gestion de la catastrophe est relatée de manière très critique dans le documentaire Draquila, réalisé en 2010 par Sabina Guzzanti.

La dolce vita?

L’Italie de Silvio Berlusconi était-elle celle de la dolce vita? Selon une récente étude de l’Istat - l’institution italienne chargée des statistiques- intitulée «Aspects de la vie quotidienne», si 50.9% des familles italiennes jugent que leur situation économique en 2011 est sensiblement la même que l’année précédente, 43.7% de ces dernières déclarent subir un appauvrissement économique.

Selon cette même étude, 49.5% des personnes de plus de 14 ans se déclarent peu ou pas satisfaites de leur situation économique, un pourcentage qui change peu par rapport à l’année précédente. Enfin, dans les principaux problèmes cités par les familles italiennes, arrivent, notamment, le trafic automobile (41,2%), la pollution de l’air (36,8%), la méfiance envers l’eau du robinet (30%), la difficulté d’accéder à des transports publics (28,6%), ou encore la criminalité (26,6%). Avec ou sans Silvio Berlusconi, l’Italie redeviendra-t-elle le pays de la dolce vita?

Anne-Laëtitia Béraud
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