L'héritage de Silvio Berlusconi (2/3): Scandales, sexe et pouvoir

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Publié le 15 novembre 2011.

ITALIE - Que lègue le chef du gouvernement Silvio Berlusconi à son pays? «20Minutes» dresse son héritage...

L’inoxydable Silvio Berlusconi a chuté la semaine dernière. Déjouant tous les pronostics sur sa longévité politique, le chef du gouvernement italien, 75 ans, a dû démissionner de son poste, empêtré par les difficultés économiques et une perte de crédibilité. Que retenir de dix ans de présidence du Conseil italien? 20Minutes dresse le portrait d’un homme hors du commun…

>> Retrouvez ici l'épisode 1, une personnalité hors du commun

>> Par ici, l'épisode 3: Echecs, crises et désillusions

>> Par là, notre diaporama Berlusconi et les femmes

Noemi Letizia

Au chapitre des scandales sexuels, Silvio Berlusconi a incontestablement imprimé sa marque de fabrique. Les «affaires» commencèrent par la blonde Noemi Letizia, une napolitaine à qui il avait offert un collier en or pour ses 18 ans. Surnommé «papounet» par cette dernière, le chef du gouvernement, 75 ans, avait démenti avoir eu des rapports intimes avec une mineure. L’ancien petit ami de la jeune fille avait immédiatement affirmé le contraire.

Patrizia D'Addario et les escort-girls

Il y  eu ensuite Patrizia D'Addario et la bande des escort-girls. Cette jeune femme a affirmé en juin 2009 avoir été payée pour participer à des soirées données par Silvio Berlusconi. Elle a ajouté que le «Cavaliere» l'aurait inscrite sur une liste de candidats à des élections locales. 

Le «Rubygate»

«Ruby», ou l’histoire d’une jeune marocaine, Karima El Mahroug, jeune participante des parties fines dans la résidence de Silvio Berlusconi à Arcore, près de Milan. Le chef du gouvernement est accusé d'avoir eu des relations sexuelles tarifées avec cette femme, à l’époque mineure, et d'avoir abusé de ses pouvoirs en obtenant la levée de sa garde à vue en mai 2010 pour un vol présumé.

Karima El Mahroug a reconnu avoir participé à plusieurs reprises à des soirées dans la villa du Cavaliere, mais nie avoir eu des rapports intimes. Elle a admis par la suite avoir reçu 7.000 euros. Un procès doit encore se tenir, où le «Cavaliere» doit se défendre de prostitution de mineure et d’abus de pouvoir.

Les photos volées de la villa en Sardaigne

Un autre procès va de nouveau concerner les fêtes du «Cavaliere», dans la villa en Sardaigne. Le 9 décembre prochain, le Cavaliere devrait intervenir lors d’un procès contre l’ancien directeur d’un magazine people italien, Oggi. Le magazine avait publié en 2007 plusieurs photos, où Silvio Berlusconi apparaît dans le parc de sa villa, en compagnie de nombreuses jeunes filles dénudées.

L'affaire de l’avocat Mills

Après le sexe, l’argent. Le 5 décembre prochain, le procès Mills reprendra, avec la convocation de Silvio Berlusconi. Dans cette affaire, le président du Conseil italien est accusé d'avoir versé 600.000 dollars à son ancien avocat britannique, David Mills, afin de mentir lors d’un procès à l'encontre du «Cavaliere» dans les années 1990. L’avocat a déjà été condamné pour corruption.

Le procès des droits télévisés

Dans cette nouvelle affaire, Silvio Berlusconi est accusé de fraude fiscale pour des irrégularités présumées dans la vente des droits de certains films de la part de Mediaset, son empire des médias. La prochaine audience est fixée au 21 novembre.

Les écoutes téléphoniques illégales

Dans ce procès, c’est le pouvoir qui est en jeu. Silvio Berlusconi doit également comparaître devant le parquet de Milan dans une affaire d’écoutes téléphoniques illégales de personnalités de gauche diffusées par le journal appartenant à sa famille, Il Giornale. Ce quotidien avait publié en 2005 des retranscriptions de conversations concernant un scandale bancaires et qui étaient protégées, théoriquement, par le secret de l’instruction.

La crise des valeurs et de la morale

«Le modèle» Silvio Berlusconi a fait des émules: L’exemple du chef du gouvernement, maniant l’insulte des institutions, notamment les magistrats, la valorisation des fraudes en tous genres, dont l’évasion fiscale, et une relation très particulièrement au sexe, s’est largement diffusé dans la société italienne. Etre une starlette de télévision ou escort-girl devient synonyme de réussite, voire de carrière en politique. L’image de la femme italienne à la télévision a d’ailleurs fait l’objet d’un documentaire très critique en 2009, intitulé «Le corps des femmes».

L’Eglise, institution puissante en Italie, est longtemps restée muette devant le pouvoir de Silvio Berlusconi. Son long soutien a choqué même dans ses rangs: Don Aldo Antonelli, prêtre d'Antrosano, un village des Abruzzes, lançait en janvier dernier «une grève de la messe» pour «dénoncer une Église trop silencieuse face au Rubygate», rapporte le quotidien La Croix. Le curé avait en outre collé un avis mortuaire sur la porte de son église: «Deuil pour le pays humilié par un premier ministre immonde (…) Deuil pour une Église complice».

Anne-Laëtitia Béraud
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