Le chef du Conseil italien Silvio Berlusconi à son arrivée au G20 au palais des festivals de Cannes, le 4 novembre 2011.
Le chef du Conseil italien Silvio Berlusconi à son arrivée au G20 au palais des festivals de Cannes, le 4 novembre 2011. - A.WITT/SIPA

Anne-Laëtitia Béraud

L’inoxydable Silvio Berlusconi a chuté la semaine dernière. Déjouant tous les pronostics sur sa longévité politique, le chef du gouvernement italien, 75 ans, a dû démissionner de son poste, empêtré dans les difficultés économiques et une perte de crédibilité. Que retenir de dix ans de présidence du Conseil italien? 20 Minutes dresse le portrait d’un homme hors du commun…

>> Retrouvez ici l'épisode 2: Scandales, sexe et pouvoir

>> Par là l'épisode 3: Echecs, crises et désillusions

>> Et par ici, notre diaporama Berlusconi et les femmes

Le «personnage» Berlusconi

Maquillage à la truelle, chirurgie esthétique à répétition, attitude mêlant intuitions politiques parfois géniales, désinvolture et provocation: le «personnage» Silvio Berlusconi a de quoi dérouter de nombreux psychanalystes. Mélangeant le goût de l’entreprenariat, l’appétit des médias, la stratégie politique et le goût de la gaudriole, l’homme est complexe. Il s’est d’ailleurs créé sa propre mythologie professionnelle, passant, à la force du poignet, du petit chanteur de croisière à l’homme le plus riche d’Italie. La caricature a souvent supplanté l’individu, provoquant des réactions épidermiques. «L’objet Berlusconi» est d’ailleurs adulé ou haï par ses compatriotes, souvent raillé à l’étranger.

…et ses blagues

Au chapitre des barzellette, les blagues, Silvio Berlusconi est un amateur averti. Mais certaines font plus que friser le sexisme, l’homophobie et le racisme. Ce sont par exemple deux «observations», en novembre 2008 puis en septembre 2009, sur le «bronzage» du président des Etats-Unis, Barack Obama.

Humour toujours en octobre dernier, lorsque Silvio Berlusconi, en berne dans les sondages, propose publiquement de rebaptiser son parti, le Peuple de la liberté (PDL) par un suggestif «Allez Minette», référence au sexe féminin et aux femmes attirantes. Enfin, une petite perle rapportée par Slate: en février 2006, le «Cavaliere» se compare à Jésus. «Je suis le Jésus-Christ de la politique, une victime, patient, je supporte tout, je me sacrifie pour tout le monde».

Son empire

Homme d’affaires aux amours multiples, qui a débuté dans l'immobilier, Silvio Berlusconi est à la tête de l'immense holding Fininvest. Cette dernière constitue un acteur de poids dans l’empire médiatique Mediaset, ou encore dans l’une des plus grandes et des plus riches équipes italiennes, connue mondialement, le Milan A.C. Maniant habilement les casquettes d’entrepreneur et de chef du gouvernement, Silvio Berlusconi a pu manier les lois en faveur de ses intérêts privés, nourrissant le soupçon de conflits d’intérêts. En 2009, la holding Fininvest a dégagé un chiffre d’affaires de plus de cinq milliards d’euros.