Sommet européen: La crise Sarkozy-Berlusconi vue d'Italie

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Publié le 25 octobre 2011.

POLITIQUE - Côté transalpin, les déclarations de Nicolas Sarkozy et d'Angela Merkel sur Silvio Berlusconi irritent...

C’est une vidéo qui fait grincer des dents en Italie. Lors d’une conférence de presse durant le Conseil européen à Bruxelles, le 23 octobre, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, interrogés sur la fiabilité de leur homologue italien Silvio Berlusconi à remonter la pente de la crise de la dette italienne, sourient avant de rire.

Le président français ajoute: «Nous faisons confiance au sens des responsabilités de l’ensemble des autorités italiennes, politiques, financières et économiques de l’Italie». Les deux responsables ont pressé Silvio Berlusconi de fixer des engagements fermes en matière de réformes pour éviter la propagation de la crise. L’attitude des deux chefs de l’exécutif en dit long sur la confiance que les deux personnalités ont dans le Premier ministre italien.

 

Réponse de l’intéressé dans une vidéo du quotidien italien La Repubblica: selon Silvio Berlusconi, Nicolas Sarkozy est rancunier par rapport à la présence de deux Italiens à tête de la Banque centrale européenne (BCE), avec l’arrivée du prochain président Mario Draghi, en plus de Lorenzo Bini Smaghi, actuel membre du directoire de la BCE, alors qu’il n’y aura plus de Français au sein de la BCE après le départ de Jean-Claude Trichet.

«Qu’est-ce que je peux faire? Le tuer?»

Selon le Premier ministre italien, c’est l’absence de démission de Lorenzo Bini Smaghi  qui explique «l’attitude particulière de Sarkozy». «Mais qu’est-ce que je peux faire? Le tuer? Non, je ne pense pas, non», ajoute-t-il.

Quelles que soient les raisons des sourires entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, l’attitude du président français a irrité, en Italie.

Pour le quotidien Il Foglio, fervent supporter de Silvio Berlusconi, la réponse à cet «affront» tient en un mot: manifestation. Le quotidien, qui compare Nicolas Sarkozy à Louis de Funès, appelle à manifester, ce mardi à 17 heures devant l'ambassade de France à Rome, pour ces sourires jugés inadmissibles. Et la manifestation devrait être originale, puisque ce sera une manifestation d’éclats de rire.

Amertume de certains quotidiens

Quant au quotidien Il Giornale, qui appartient à la famille Berlusconi, il s’interroge: «Quel est le point commun entre Nicolas Sarkozy et Zinedine Zidane? La tendance à mettre des coups de tête aux Italiens ». Le «vice» des Français? «Quand ils sont en difficulté avec nous les Italiens, ils perdent le contrôle, ils deviennent arrogants». Diplomatie-Football, même combat pour le quotidien. Et de balancer: Ce «rire hystérique d’un homme en difficulté dans son pays qui essaye par tous les moyens  de remonter la pente, y compris de programmer un fils pour la campagne présidentielle».

Dans l’éditorial du quotidien de gauche La Repubblica, l’heure est à l’amertume sur la politique italienne. «C’est vrai, c’était une humiliation, et même plus encore: un acte de défiance qui n’avance plus caché, qui s’exhibe sans pudeur (…), un assassinat politique en direct». «Après cela, Berlusconi ne peut plus aller à Bruxelles. Parce qu’il entraîne non seulement l’Italie vers le bas, mais toute la zone euro». Le quotidien romain Il Messaggero  s’interroge lui sur la place de «maillon faible» de l’Italie, une crainte que partagent de nombreux compatriotes, à l’heure où les comptes du pays sont scrutés à la loupe et que la crise semble impossible à contenir.

Anne-Laëtitia Béraud
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