Affrontements entre manifestants et policiers le 19 ocotbre 2011 à Athènes.
Affrontements entre manifestants et policiers le 19 ocotbre 2011 à Athènes. - L. GOULIAMAKI

Avec Reuters

Des affrontements entre groupes de jeunes cagoulés et simples manifestants ont éclaté ce jeudi lors du rassemblement contre l'austérité devant le Parlement grec, à Athènes. Plus de 60.000 personnes, selon la police, s'étaient rassemblés depuis le début de la journée, avant le vote par les députés d'un nouveau train de mesures contre l'austérité.

Sous le regard de la police, des centaines de jeunes ont jeté pierres et cocktails Molotov sur les manifestants rassemblés derrière la bannière du PAME, le syndicat communiste qui privilégie les rassemblements organisés et pacifiques. Au moins six personnes ont été blessées et secourues par des secouristes bénévoles. L'ambiance était restée calme jusqu'à ces affrontements, sous les vitres des hôtels de luxe de la place Syntagma. Mercredi déjà, les manifestations avaient tourné à l'affrontement avec les forces de l'ordre.

Le feu vert pour la cure de rigueur en voie d'être donné

Après une première lecture mercredi du projet gouvernemental établi suivant les demandes de l'Union européenne et du Fonds monétaire international (FMI), les parlementaires devraient donner leur feu vert à cette cure de rigueur pour résoudre la crise de la dette grecque.

Le gouvernement de George Papandreou peut compter sur une majorité de 154 sièges sur 300 au Parlement mais deux élus de la coalition au pouvoir ont fait savoir qu'ils s'opposeront au texte, réduisant la marge de manoeuvre du Premier ministre.

«La limite a été atteinte»

Celui-ci a appelé sa majorité à faire preuve de cohésion afin d'adopter un texte montrant la détermination des autorités grecques avant le sommet européen de dimanche au cours duquel sera discuté le déblocage d'une nouvelle tranche d'aide cruciale.

Les observateurs s'attendent à voir la rue continuer à manifester son mécontentement, les Grecs ayant le sentiment que la cure d'austérité exigée touche les plus démunis sans affecter les fraudeurs et les hommes politiques jugés corrompus. Les manifestations de mercredi ont tourné à l'affrontement avec les forces de l'ordre qui ont essuyé des jets de cocktails Molotov et de pierres.  «Les gens ont adressé mercredi le message que la limite a été atteinte et qu'ils ne peuvent pas supporter plus d'austérité», a commenté Theodore Couloumbis du cercle de réflexion Eliamep.

«Toutefois, ce genre de manifestations ne pourra pas renverser le gouvernement. Je ne vois pas ça se produire maintenant», a-t-il ajouté.  Les violences de mercredi ont eclipsé la première journée de la grève nationale de 48 heures qui a laissé le pays paralysé et rassemblé au moins 100.000 personnes dans les rues de la capitale.

« Ils vont sentir un tremblement de terre»

«Les manifestations vont de nouveau bousculer le gouvernement. Ils vont sentir un tremblement de terre», a promis Ilias Iliopoulos, secrétaire général du syndicat Adedy qui représente le secteur public. 

Le texte prévoit une réduction de 20% des effectifs du service public ainsi qu'un abaissement du seuil du niveau d'imposition.  La Grèce, dont l'économie connaît une troisième année de récession, accuse une dette publique représentant 162% de son produit intérieur brut.