Le chef de l'Eglise anglicane a rencontré ce lundi le président zimbabwéen Robert Mugabe pour lui demander de mettre fin à une campagne de persécution contre ses fidèles et ses prêtres.

Le révérend Rowan Williams, archevêque de Cantorbéry, a également critiqué les saisies de biens de l'Eglise.

Un évêque partisan de Mugabe et ayant formé son propre mouvement a obtenu devant la justice la garde de tous les biens de l'Eglise anglicane au Zimbabwe.

Nolbert Kunonga, excommunié par l'Eglise, a pris le contrôle de ses hôpitaux et ses écoles, fait le ménage dans l'épiscopat et poussé les Anglicans fidèles à l'Eglise officielle à prier dans des lieux privés.

«Nous avons demandé, dans les termes les plus clairs possibles, que le président (Mugabe) fasse tout ce qui est en son pouvoir de chef de l'Etat pour mettre fin à ce comportement inacceptable et illégal», a dit le révérend Williams à l'issue d'un entretien de plus d'une heure et demie dans un hôtel de la capitale.

Le président zimbabwéen a, selon l'archevêque de Cantorbéry, fait part de ses «inquiétudes concernant le dommage que cette division causait aux communautés au Zimbabwe.»

Rowan Williams, connu pour son franc-parler, effectue actuellement une visite pastorale en Afrique australe en tant que chef spirituel de la communauté anglicane dans le monde, et notamment dans les pays du Commonwealth.

Dimanche, l'archevêque de Cantorbéry s'était adressé à des milliers de fidèles massés dans un complexe sportif de Harare pour leur demander de ne pas réagir aux attaques visant leur Eglise au Zimbabwe.

«Longtemps dans ce pays, une classe dirigeante inquiète s'est accrochée à un pouvoir qu'elle avait dérobé à la majorité autochtone. Elle a bafoué les droits de la majorité (noire) et son espoir de dignité et de liberté politique», a déclaré le prélat à propos de la minorité blanche rhodésienne.

«Il est tragique que lui succède une autre situation de non-respect de la loi, où tant de personnes vivent dans la crainte quotidienne d'être attaquées si elles n'agissent pas comme leurs gouvernants l'exigent!», avait-il dit.

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