Des rebelles libyens dans les rues du quartier d'Abu Salim à Tripoli le 25 août 2011.
Des rebelles libyens dans les rues du quartier d'Abu Salim à Tripoli le 25 août 2011. - Sergey Ponomarev/AP/SIPA

DERNIERE INFORMATION - 19h08: 50.000 personnes auraient été tuées depuis le début de la révolte, selon le CNT.

Alors que la situation en Libye est encore loin d'être sous contrôle pour les insurgés, Moustapha Abdeljalil, le président du Conseil national de transition (CNT), a tenu à mettre certaines choses au clair ce mardi. 

Tout d'abord, le CNT a convenu avec les puissances étrangères qu'il n'avait pas besoin d'une force internationale de maintien de la paix, même s'il avait été évoqué la semaine dernière que les insurgés puissent faire appel à des forces de l'ordre issues de pays arabes.

Ultimatum des insurgés envers les derniers résistants pro-Kadhafi

En outre, les forces restées fidèles à Mouammar Kadhafi retranchées à Syrte et dans d'autres localités libyennes ont jusqu'à samedi pour déposer leurs armes, a annoncé Moustapha Abdeljalil. Passé ce délai, elles s'exposeront à l'usage de la force militaire: «Nous ne souhaitons pas en arriver là, mais nous ne pourrons pas attendre plus longtemps».

L'Otan, qui concentre désormais l'essentiel de ses opérations militaires sur les environs de Syrte, a qualifié d'«encourageantes» les informations faisant état de pourparlers entre forces pro et anti-Kadhafi.

28.000 prisonniers libérés

Par ailleurs, un responsable militaire du Conseil national de transition (CNT) a évalué ce mardi à environ 50.000 le nombre de personnes tuées en Libye depuis le début de la révolte, il y a six mois, contre le régime de Moummar Kadhafi. Le colonel Hicham Bouhagiar, commandant des forces anti-Kadhafi qui, parties du djebel Nefoussa, ont pris Tripoli il y a une semaine, a précisé que ce chiffre comprenait ceux qui ont péri dans les combats ainsi que les personnes portées disparues depuis la mi-février.

«A Misrata et à Zlitane, de 15.000 à 17.000 personnes ont été tuées et il y a eu beaucoup de victimes dans la région du djebel Nefoussa (ouest). Et puis il y a Adjabiyah et Brega. Il y a eu beaucoup de morts là aussi», a précisé Hicham Bouhagiar. «Nous avons libéré environ 28.000 prisonniers et nous supposons que toutes les personnes portées disparues sont décédées», a-t-il ajouté.

Manque d'eau à Tripoli

La ville de Syrte est d'autant plus important que les soldats pro-Kadhafi présents sur place ont coupé deux tiers de l'approvisionnement en eau de Tripoli, selon un rapport de l'Office humanitaire de l'Union européenne (Echo). L'eau manque dans la capitale libyenne, contraignant les agences d'aide humanitaire à en transporter par voie maritime ou terrestre.

Des boutiques et des supermarchés rouvrent peu à peu dans la capitale libyenne et les habitants peuvent acheter des bouteilles d'eau, mais à des prix très élevés. Le Programme alimentaire mondial (Pam) a indiqué qu'un navire transportant 500.000 litres d'eau était en route pour Tripoli.

Les Kadhafi vers une autre destination après l'Algérie

Le président du CNT a parallèlement estimé que les membres de la famille Kadhafi arrivés la veille en Algérie, dont son épouse Safia et sa fille Aïcha, qui a accouché sur place, n'y resteraient pas mais partiraient pour un autre pays. Mouammar Kadhafi, lui, reste introuvable, même si des sources diplomatiques libyennes ont indiqué qu'il se trouverait au sud-est de Tripoli au sein de sa tribu avec ses fils Saadi et Saïf al Islam. 

Son autre fils Khamis aurait quant à lui trouvé la mort, même si l'Otan ne dispose d'aucune information sur son sort.

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