Affaire DSK: Déçues, les féministes ne laisseront pas tomber leur combat contre le viol

REACTIONS Les associations féministes se disent déçues de l'abandon des poursuites engagées contre DSK aux Etats-Unis...

Anne-Laëtitia Béraud

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Anne Sinclair et Dominique Strauss-Kahn arrivent au tribunal de New York, mardi 23 août 2011, où le juge va prononcer l'abandon des charges contre l'ancien directeur du FMI

Anne Sinclair et Dominique Strauss-Kahn arrivent au tribunal de New York, mardi 23 août 2011, où le juge va prononcer l'abandon des charges contre l'ancien directeur du FMI — AFP / TIMOTHY A. CLARY

La procédure pénale pour agression sexuelle visant Dominique Strauss-Kahn aux Etats-Unis s'est conclue, mardi, par l'abandon des poursuites et le refus de nommer un procureur spécial. Plusieurs mouvements féministes regrettent cette décision de la part de la justice américaine.

En France, Zineb El Rhazoui, porte-parole du mouvement «Ni putes ni soumises», affirme à 20minutes.fr ce mercredi matin que «DSK n’est pas blanchi» dans cette affaire. Le mouvement «n’a pas à commenter la décision judiciaire ni à se substituer à la justice américaine» rappelle-t-elle, tout en déplorant les déclarations sexistes émis dans les médias durant l’affaire. Zineb El Rhazoui regrette également la «dérive dangereuse qui fait que des victimes devraient être parfaites pour être crues».

«Une procédure qui ne va pas jusqu’au bout»

Ce mercredi matin, Annie Sugier, la présidente de la Ligue internationale des femmes, est revenue sur Europe 1 sur la décision du tribunal pénal de Manhattan. «Il y a un déni de justice parce qu'on ne va pas jusqu'au bout de la procédure, on ne va pas au fond du dossier», a déploré cette co-créatrice du comité «Justice pour Nafissatou Diallo».

Quant à l’association «Osez le féminisme !», elle a publié mardi un communiqué intitulé «Quelle que soit l’issue judiciaire, la parole des victimes de viol ne doit pas être méprisée». Le mouvement regrette tout d’abord «le déferlement inadmissible de propos sexistes et d'idées reçues sur le viol» énoncés durant cette affaire.

Pour l’association, «la 'crédibilité' des plaignantes, mot-clé des derniers mois, est en permanence remise en cause dans les affaires de viol. Or, nous le rappelons une fois encore, il n'y a pas de bonne ou de mauvaise victime. Rien de ce qu'une femme a fait ou dit dans le passé ne devrait permettre de minorer la violence qu'elle a subie».

Une «violence sexuelle tolérée»

Outre-Atlantique, l’organisation américaine «National Organization for Women (NOW)» s’est montrée particulièrement incisive. Dans un communiqué publié mardi, l’association «déplore» la décision d'abandonner les poursuites engagées par Nafissatou Diallo.

Le mouvement indique que «ce déni de justice présente toutes les caractéristiques d'une société qui tolère la violence sexuelle en blâmant et en humiliant les survivants - mais la véritable honte appartient aux auteurs et aux procureurs qui leur permettent de passer entre les mailles du filet». Blâmant les procureurs, les avocats de DSK et les médias, l’association félicite Nafissatou Diallo «pour sa bravoure à raconter son histoire, malgré les tentatives pour l’intimider et la tenir au silence.» 

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