David Cameron s'est exprimé devant le Parlement anglais jeudi 11 août 2011
David Cameron s'est exprimé devant le Parlement anglais jeudi 11 août 2011 - PA/AP/SIPA

Elisa Bertholomey

Le Premier ministre David Cameron a annoncé ce jeudi la mise en place de plusieurs mesures (renforcement du nombre de policiers, possible recours à l'armée en cas de violence, possibilité pour la police de démasquer des suspects...) pour contenir les émeutes qui ont lieu au Royaume-Uni. Des mesures pour la plupart approuvées par l’opposition travailliste et les libéraux mais qui n’auront une utilité que sur une période réduite. «A court terme, ces décisions vont permettre au gouvernement anglais de reprendre la main», déclare Jean-Paul Révauger, professeur à l’Université Bordeaux 3 et spécialiste du Royaume-Uni, interrogé par 20 Minutes. «Mais ça ne résoudra pas les choses à moyen terme, surtout avec des gens qui aspirent à la consommation».

Un plan d’austérité très dur

Le problème de David Cameron n’est pas seulement sécuritaire mais aussi économique et social. L’année dernière, le gouvernement conservateur a voté des mesures d’austérité drastiques: passage de l’âge de départ légal à la retraite à 66 ans d’ici à 2020, diminution des prestations sociales et des allocations familiales, augmentation de la TVA, suppression des postes dans la Fonction publique… Des mesures qui devraient permettre de réaliser une économie de 81 milliards de livres (92 milliards d’euros) mais qui plongeraient 900.000 personnes dans la pauvreté. «Ces mouvements sociaux viennent de la crise», poursuit Jean-Paul Révauger. «Une partie de la population ne voit que des portes qui se ferment. La solution à moyen terme serait de mener une politique qui mette les gens au travail. Et pour mettre les gens au travail, il faut relancer l’économie.»

Revenir sur les coupes budgétaires

David Cameron va donc sans doute être amené à revoir son plan de rigueur. Déjà, les forces de police font pression pour que le Premier ministre revienne sur les coupes de 2 milliards de livres (2,27 milliards d’euros) prévues dans le budget de la police. Pour Jean-Paul Révauger, cette situation peut permettre à l’opposition travailliste de mettre la question du plan d’austérité au centre du débat. «L’opposition va enfin oser remettre en cause la politique économique et sociale du gouvernement Cameron. Il faut que les élus reprennent le dessus pour ne pas laisser les manifestations s’enliser dans des problèmes économiques et sociaux.»