Emeutes à Londres: «Il y avait de la fumée partout, des magasins ont pris feu»

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Publié le 9 août 2011.

TEMOIGNAGE - Une jeune Française vivant à Londres raconte les émeutes qui ont secoué son quartier...

Traductrice, Typhaine vit à Londres, dans le quartier de Clapham Junction. Un quartier habituellement tranquille, qui a lui aussi été la cible d’émeutes dans la nuit de lundi à mardi, pour la première fois depuis le début des violences samedi. «Ce week-end, je n’étais pas à Londres, au moment des émeutes. J’ai vu ce qu’il se passait sur Internet et à la télé», raconte la jeune femme. Lundi, Typhaine est allée travailler normalement, n’oubliant pas au passage de rassurer ses parents, très inquiets par la teneur des événements. «J’ai dit à ma mère que ça avait lieu dans le nord de Londres, que ça ne risquait pas d’arriver ici», se souvient-elle. Dans l’après-midi déjà, la situation commence à se tendre à Clapham Junction. «J’ai vu passer beaucoup de voitures de pompiers et de police. Et nos responsables nous ont demandé de quitter le bureau avant 19h car certaines employées vivent dans le nord de Londres et ils ne voulaient pas qu’elles rentrent trop tard.»

Une soirée en apparence normale

De retour chez elle, Typhaine décide d’aller prendre un verre avec une amie, dans le quartier. Alors qu’elle est attablée, elle voit passer de plus en plus de voitures de police et de pompiers. «Une collègue m’a envoyé un message pour savoir si j’étais bien rentrée, mon petit ami aussi. Je n’ai pas compris pourquoi parce que je voyais juste des voitures passer. Et puis il m’a téléphoné pour me dire que Clapham était en proie aux émeutes, qu’elles avaient commencé peu de temps après que j’aie quitté le travail.»

Typhaine a alors décidé de rentrer chez elle, en taxi. «Je voyais les forces de polices et les pompiers qui partaient dans tous les sens, raconte-t-elle. Les rues étaient coupées à la circulation. Deux camions de pompiers étaient arrêtés dans la rue, il y avait de la fumée partout, des magasins ont pris feu.» La jeune traductrice ne comprend pas pourquoi la situation s’est envenimée à Clapham Junction, un quartier où elle n’a jamais eu de problème et qu’elle définit comme «extrêmement calme, hyper résidentiel avec beaucoup de familles de niveau social plutôt élevé.»

Quitter Londres

Lundi soir, Typhaine est restée enfermée dans sa chambre «pas du tout rassurée». «Un hélicoptère a tourné au-dessus de chez moi pendant au moins deux heures. C’est censé rassurer, montrer que les forces de l’ordre sont là, mais moi, ça ne m’a pas tranquillisé». Ce mardi matin, ses responsables à son travail lui ont annoncé que le bureau restait fermé toute la journée. Typhaine, «très stressée» a alors décidé de quitter Londres pour rejoindre son petit ami qui vit hors de la capitale. «Je suis sortie ce matin pour prendre le train mais je ne suis pas tranquille du tout. On ressent le stress. Si le bureau ouvre mercredi, je reviendrai travailler.» Pour elle, la situation n’est pas prête de se calmer même si dans son quartier, «il n’y a plus grand-chose à casser car tout a été mis à sac».

Elisa Bertholomey
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