Le nationalisme kurde se nourrit du «printemps arabe» et du Soudan

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Publié le 20 juillet 2011.

Le jour où l'Afrique a accueilli officiellement son 54e Etat, le chef du gouvernement kurde irakien a twitté ces mots pour exprimer son sentiment au monde entier: «Je regarde l'histoire en marche avec l'indépendance du Soudan du Sud».

«Et, morale de l'histoire, le droit à l'autodétermination ne peut pas être nié, même par un génocide». Avec l'émergence d'un nouveau pays sur la carte du continent africain et les soulèvements du «printemps arabe», de plus en plus de Kurdes installés dans le nord de l'Irak osent dire plus haut, plus fort, qu'ils aspirent à une autonomie élargie.

La minorité kurde est répartie sur plusieurs pays: en Turquie, en Irak, en Syrie ainsi qu'en Iran. Et mis à part quelques intermèdes dans l'Histoire, ce peuple a souvent été réprimé par ces gouvernements.

Critique des autorités irakiennes

«Ce qui s'est passé au Soudan du Sud nous inspire», déclare Barham Saleh, le Premier ministre du Kurdistan irakien, où le rouge, le blanc et le vert - les couleurs du drapeau kurde - remplacent souvent, voire systématiquement celles du drapeau irakien.

«Mais ce qui nous préoccupe le plus à l'heure actuelle, poursuit le responsable kurde, c'est la direction que sont en train de prendre les autorités de Bagdad, vers une plus grande centralisation et vers un plus grand autoritarisme».

Le gouvernement central de Bagdad et la région semi-autonome du Kurdistan, l'une des 18 provinces irakiennes, ont des conflits ouverts depuis des années, notamment sur la question des frontières et sur celles des importantes réserves de pétrole que renferme cette région.

Au-delà de ces considérations locales, le peuple kurde regroupe près de 30 millions de personnes, dont la culture et la langue se distinguent de celles des Arabes, des Turcs ou des Perses.

Situation en Syrie

A majorité musulmane, cette minorité a souvent été réprimée et stigmatisée par les autorités des pays sur lesquels elle est implantée, qui ont toujours vu en elle un mouvement de séparatistes permanent.

Depuis la Guerre du Golfe de 1991, les Kurdes irakiens vivent dans une région plus sécurisée et peuvent disposer de leurs ressouces naturelles. Et depuis l'intervention anglo-américaine de 2003 et la chute du régime de Saddam Hussein, la notion de nationalisme kurde n'a cessé de se renforcer.

«Pour la première fois dans leur histoire moderne, les Kurdes d'Irak et de Turquie, au moins eux, avancent, même si c'est avec prudence», estime Michael Gunter, un spécialiste de la question qui a suivi l'évolution de cette minorité au sein des deux pays. Pour lui, le souhait de la Turquie d'entrer au sein de l'Union européenne joue en faveur des Kurdes, qui ont vu leur situation évoluer positivement dans ce pays. Symbole de ces avancées, on entend selon lui aujourd'hui de plus en plus de musique kurde dans les villes turques comme Diyarbakir et une chaîne de télévision en langue kurde émet désormais en continu.

A Erbil, la capitale du Kurdistan irakien, on s'enthousiasme du contexte actuel au Moyen-Orient, notamment dans les pays où se trouvent des Kurdes, à commencer par la Syrie. «Les demi-révolutions, ça n'existe pas», confie Khalid Ali, un militant kurde originaire de Syrie. «Les Syriens l'ont décidé: la chute de Bachar al Assad est juste une question de temps», ajoute-t-il, évoquant la situation du président syrien, qui fait face à un important mouvement de protestations depuis la mi-mars.

Reuters
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