C'est l'invitée d'honneur de la France pour la Journée de la femme. Ellen Johnson-Sirleaf, élue à la tête du Liberia en novembre dernier, est arrivée hier à Paris, notamment pour rencontrer Jacques Chirac et le ministre des Affaires étrangères. A 67 ans, cette ex-banquière qui a fait une partie de sa carrière dans les instances internationales – à l'ONU, à la Banque mondiale et au FMI – est la première femme élue à la tête d'un Etat africain. Elle avait pourtant comme opposant une star du ballon rond, George Weah.
Mère de quatre enfants, elle a connu une histoire agitée. En 1980, elle est ministre des Finances quand Samuel Doe tue treize ministres sur dix-sept. Elle est épargnée. Cela ne l'empêche pas, en 1985, de protester contre les fraudes électorales et d'être emprisonnée. Seule ombre au tableau : ses détracteurs l'accusent d'avoir tardé à prendre ses distances avec Charles Taylor, à la tête d'une rébellion contre Samuel Doe. Taylor est aujourd'hui recherché pour crimes de guerre et contre l'humanité perpétrés pendant la guerre civile au Sierra Leone (1991-2001).
Surnommée « la dame de fer », elle a promis de mettre fin à la corruption au Liberia. Une promesse mise à exécution dès son arrivée à la tête du pays, par la création d'une commission d'enquête sur les abus éventuels des anciens ministres et le limogeage de l'ensemble des fonctionnaires du ministère des Finances.
Clémence Lemaistre