L'affaire DSK provoque un retour du French bashing

MEDIAS Luxure, amoralité, laxisme, tout ce que les Américains reprochent aux Français...

Matthieu Goar

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DSK à la une des médias américains. La une du New York Post (la grenouille prend ses jambes à son cou) et celle du New York Times, le vendredi 20 mai 2011.

DSK à la une des médias américains. La une du New York Post (la grenouille prend ses jambes à son cou) et celle du New York Times, le vendredi 20 mai 2011. — RICHARD B. LEVINE/NEWSCOM/SIPA

De notre envoyé spécial à New York

Assis dans l’avion, une Américaine découvre la photo de Dominique Strauss-Kahn devant la juge. «Quel regard méchant, il a! Avec cet air de Français arrogant, il ne peut pas s’en sortir… » Devant l’immeuble de DSK, un passant sourit d’un air entendu: «En matière de sexe, les Français ont toujours eu un problème, non ? »… Sentiment de supériorité, sexualité débordante, amoralisme… Depuis une semaine, l’affaire DSK réveille les caricatures anti-françaises. Pas au point de verser du vin rouge dans les caniveaux comme à la grande époque du non-engagement de la France en Irak, mais un certain French Bashing renaît.

Editos très durs

Particulièrement dans les médias. Passons sur les unes plus anti DSK qu’anti-françaises comme « Pepe le putois » ou encore «La grenouille a pris ses jambes à son cou»... Quoi que sur cette dernière, le terme Frogs (grenouille) est plutôt péjoratif. Mais c’est dans le cœur des articles que les attaques sont les plus franches. Parfois en Français et de façon gentillette («chauds lapins», «Au revoir Rikers»), parfois en dessous la ceinture («Vermine accro à la luxure»). «Je suis fier d’habiter un pays où une femme de ménage peut faire tomber un directeur du FMI», analyse un éditorialiste du New York Post en affirmant qu’en France ce ne serait pas possible. Le philosophe «à la chemise ouverte», Bernard Henri Lévy est devenu une cible de choix depuis qu'il a défendu DSK. Plus mesurés, les journaux sérieux ne sont pas en reste. Etonné que les Français soient choqués par les images de DSK menottés, le New York Times contre-attaque. «Année après année, le réalisateur Roman Polanski a lui arpenté le tapis rouge, souriant aux caméras, jamais inquiété, alors que les autorités françaises savaient qu’il avait drogué, violé et sodomisé une jeune fille de 13 ans», écrit le quotidien qui oppose l’efficacité un peu voyeuriste de la justice américaine au laxisme bien français.

Et l'anti-américanisme

 «C’est vrai qu’avec les Français, c’est épidermiques. A chaque fois, ça prend de grandes proportions. En fait, ça me fait penser à ce qu’il se passe en France avec les Américains», analyse Linda, une compatriote expatriée à New York et croisée devant chez DSK. Car dans le même temps, les médias américains croient percevoir une montée de l’anti-américanisme en France. «Dès le troisième jour, les Français ont eu besoin de trouver un bouc émissaire à blâmer pour expliquer la perte de leur futur président et ils se sont lancés dans de prévisible spasmes anti-américains », analyse le Los Angeles Time qui revient largement sur le débat des images de DSK qui ont choqué la France. Je t'aime moi non plus...