Le patron du Renseignement intérieur, Bernard Squarcini, estime dans un entretien au Télégramme, que le groupe Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a «les moyens de passer à la vitesse supérieure».
«Ce groupe dispose, grâce aux rançons versées pour libérer les nombreux otages étrangers enlevés au Mali, au Niger, en Algérie, et aux divers trafics locaux, d'un trésor de guerre», explique-t-il. Aqmi «a donc pu acheter des équipements dernier cri: armes, GPS, matériel de communication cryptée et de vision nocturne, véhicules», estime le directeur central du Renseignement intérieur. «Nous avons évidemment renforcé nos dispositifs de sécurité sur les sites concernés. Mais la politique française reste de ne pas verser de rançon», poursuit-il.
La Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) «reste très vigilante avec les contacts que cette mouvance peut entretenir en France. Les réseaux de soutien logistique n'ont jamais cessé», assure Bernard Squarcini, en ajoutant que «plusieurs affaires récentes réalisées par la DCRI ont montré qu'Aqmi n'était pas dénué de toute intention malveillante sur le territoire».
Selon lui, «au moins une vingtaine» de résidents français sont partis faire le djihad à l'étranger. Il indique que les sept personnes interpellées en région parisienne il y a deux semaines étaient suspectées de vouloir se rendre en zone pakistano-afghane. «Le danger, pour nous, survient lorsqu'ils reviennent sur le territoire. C'est là que la DCRI les interpelle rapidement.»
Autres sources d'inquiétude pour le patron de la DCRI: les «loups solitaires qui s'autoradicalisent sur Internet et qui ont l'intention de passer à l'acte sans être affiliés à aucune organisation» - «la menace que nous craignons le plus» - ou Aqpa (alQaïda dans la péninsule arabique). «Cette organisation a une force médiatique et ses experts en explosifs sont ingénieux. Face à cela, les services de renseignement occidentaux coopèrent étroitement.» Il en veut pour preuve la récente arrestation de trois suspectsen Allemagne.