La torture n'a pas aidé à retrouver Ben Laden, selon John McCain

Avec Reuters

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Après la mort de Ben Laden, le débat sur la torture est relancé aux Etats-Unis. Jeudi, le sénateur John McCain a affirmé que la torture d'activistes n'a en rien permis de retrouver la trace du chef d'Al Qaida, éliminé par les forces spéciales américaines le 2 mai dans son repaire pakistanais.

John McCain, ancien prisonnier de guerre au Viêtnam - où il a été torturé - a déclaré que le directeur de la CIA, Leon Panetta, lui a confié que la traque de l’ «ennemi public n°1» des Etats-Unis n'avait pas commencé, comme certains anciens proches de George W. Bush l'ont dit, grâce à des révélations obtenues de Khaled Cheikh Mohamed. Cet homme, considéré comme le «cerveau» des attentats du 11 septembre 2001, a été soumis, de l'aveu même des autorités américaines, à la technique d'interrogatoire poussé du «waterboarding» (simulacre de noyade) à 183 reprises lors de sa détention.

«Pour résumer, ce n'était pas la torture ou un traitement cruel, inhumain ou dégradant des détenus qui a permis de faire des progrès permettant à nos services de renseignement de retrouver Oussama ben Laden», a déclaré l’ex-candidat républicain à la présidence des Etats-Unis, devant la chambre haute du Congrès.

La CIA a cessé de recourir au «waterboarding» en 2004 après avoir utilisé cette pratique sur Khaled Cheikh Mohamed et deux autres détenus seulement. Le président démocrate Barack Obama l'a fait interdire dès son arrivée à la Maison blanche en 2009.