La surprise était sur tous les visages, ce lundi. La nouvelle de la mort de Ben Laden est tombée si soudainement que, dans la matinée, beaucoup doutaient encore de l’information. C’est le cas d’Arezki. A la sortie du métro Barbès-Rochechouart, dans le nord de Paris, le marchand de fruits et légumes reste sceptique. «On attend la bonne augure mais moi je ne suis sûr de rien.»
Niambele Moussa, un fidèle de la mosquée El Fath, dans le 18e arrondissement, s’inquiète quant à lui des représailles. «On ne peut pas se réjouir de la mort d'un individu. Maintenant, si l’objectif est d’atténuer la violence, je dis bravo. Mais je n’y crois pas. Les graines de la violence sont semées.» Fathi, un commerçant parisien du boulevard Barbès d’origine tunisienne, va même plus loin. Selon lui, la mort de Ben Laden ne changera rien. «Évidemment, je suis contre ce qu’il représente mais ce n’est qu’un épouvantail que l’on agite. Un Ben Laden de parti, c’est dix de retrouvés…»
A la Grande Mosquée de Paris, l’espoir se mêle également de prudence. Pour Dalil Boubakeur, son recteur, «un symbole est tombé. C’est un soulagement pour la population musulmane trop souvent considérée comme responsable des actes irrationnels commis en son nom». Et, même s’il se plaît à espérer «une nouvelle ère», il s’inquiète des possibles «délires de vengeance» qui viendraient troubler son espoir de paix.