Quatre-vingt douze détenus politiques marocains ont été libérés ce jeudi au Maroc en vertu d'un pardon du roi Mohamed VI qui fait suite à une série de manifestations en faveur d'une démocratisation du régime. La mesure de clémence porte aussi sur la commutation en peines de prison de cinq condamnations à mort, de la réduction de 37 condamnations à perpétuité et de la réduction des peines de 53 autres détenus.

La majorité des personnes libérées ou dont les peines ont été réduites sont des membres du groupe islamiste Djihad salafiste. Mohamed Sebbar, nommé en mars par Mohamed VI secrétaire du Conseil des droits de l'homme, a déclaré que le geste du roi préludait à une révision sérieuse du cas des prisonniers politiques au Maroc.

Parmi les détenus libérés figure le prédicateur Mohamed Fizazi, condamné en 2003 à 30 ans de prison pour avoir inspiré 12 kamikazes qui avaient tué 33 personnes lors d'une série d'attentats suicide cette année-là à Casablanca. L'activiste anti-corruption et militant des droits de l'homme Chakib el Khiari, condamné à trois ans de prison en 2009 pour avoir mis en cause des dignitaires du régime dans un trafic de drogue, figure également parmi les détenus graciés et libérés ce jeudi.