Côte d'Ivoire: Polémique sur l'arrestation de Laurent Gbagbo

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Publié le 12 avril 2011.

AFRIQUE - Les pro-Gbagbo accusent la France d'avoir arrêté le président sortant...

Laurent Gbagbo a été capturé lundi après-midi. Un événement qui clot une page longue de quatre mois de conflit en Côte d'Ivoire, mais qui pose quelques interrogations, notamment sur le déroulement de son arrestation.

Dans un premier temps, l’information de l’arrestation de Laurent Gabgbo est donnée lundi vers 15 heures par Toussaint Alain, un conseiller du président retranché dans sa résidence. Et il affirme que ce sont les forces spéciales françaises qui l’ont arrêté et remis aux troupes d’Alassane Ouattara.  «Le président Gbagbo a été arrêté par les forces spéciales françaises et remis à des chefs de la rébellion», a-t-il dit. «Ces chefs de la rébellion ont été convoyés sur place par les forces françaises qui ont pénétré dans la résidence avec des chars», a-t-il ajouté. «Le président était dans son bureau.»

Une affaire «entre Ivoiriens» pour Longuet

Des témoins avaient précédemment dit à Reuters avoir vu une colonne d'une trentaine de blindés français se diriger vers sa résidence. Mais quelques minutes plus tard, le camp Ouattara comme les autorités françaises, martèlent que ce sont bien les forces républicaines ivoiriennes qui ont arrêté Laurent Gbagbo.

«A aucun moment les forces françaises n’ont pénétré» dans le bâtiment, elles n’étaient là qu’ «en soutien de l’opération», a affirmé l’état-major français. C'est une opération «entre Ivoiriens», a insisté Gérard Longuet, le ministre de la Défense.

«Aucune ambigüité» sur la responsabilité française

Mais cette version ne convaint pas tout le monde. Pour Guy Labertit, ancien délégué du PS à l'Afrique et bon connaisseur du dossier, il n'y a «aucune ambigüité» sur le fait que «ce sont bien des chars français qui sont rentrés dans la résidence». «Le général qui a remis son arme en signe de reddition l'a remise à un Français de la force Licorne», a-t-il  précisé sur BFM TV. Même son de cloche pour Roland Dumas, l'avocat de Laurent Gbagbo. Le PCF, lui, a de «doute» sur la version française. Le PS prend sobrement «acte» des déclarations des autorités françaises. Henri Guaino a mis en cause mardi matin la «propagande» des «réseaux» de Laurent Gbagbo en France, qui selon lui «sont très présents au Parti socialiste». Alain Juppé a dit, peu ou prou, la même chose sur France Info ce mardi matin.

Savoir qui a mis la main sur Gbagbo est évidemment essentiel. Pour le clan du président sortant, affirmer que ce dernier a été arrêté par la France vise à entacher légitimité d’ «ADO», qui serait un «président installé par la France». Toussaint Alain, lui, parle de  «coup d'Etat» perpétré par Ouattara, «avec l'aide de la France». Bref, les accusations d'ingérence française et de retour de la Françafrique se multiplient.

Et si la France a arrêté Gbagbo, elle contreviendrait ainsi au mandat de l’ONU sous lequel agissaient les soldats de la force Licorne et qui visait à «protéger les civils » et à «prévenir l’usage d’armes lourdes». «Je ne sais pas si elle [la version française] est convaincante mais elle est exacte», a encore affirmé Henri Guaino ce mardi matin sur BFM TV.  Reste que sans l’action des forces françaises, notamment avec les tirs sur le bunker de Gbagbo, les forces d’Alassane Ouattara n’auraient jamais pas pu arrêter ce dernier. Pour mettre un terme à la polémique, Gérard Longuet a promis ce mardi matin sur Europe 1 «que toutes les images seront inéluctablement disponibles, tout est filmé en permanence», a-t-il assuré, réaffirmant qu'«aucun soldat français n'est entré dans la résidence présidentielle» de Laurent Gbagbo.

Maud Pierron
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