- HO NEW / REUTERS

Corentin Chauvel

Lui ou le chaos. C’est du balcon d’un immeuble en ruines de Tripoli, bombardé en 1986 par l’armée américaine et laissé ainsi depuis, que Mouammar Kadhafi s’est adressé ce mardi après-midi au peuple libyen, assurant qu’il ne pourrait pas démissionner. «Je suis le guide de la Révolution», a-t-il affirmé en introduction d’un discours fleuve, aux accents parfois surréalistes.

Le dirigeant libyen, qui a dit contrôler la capitale, a justifié son maintien à la tête du pays parce que ce dernier était déjà gouverné par le peuple. «Je ne peux pas renoncer à un poste que je n’occupe pas», a-t-il précisé. Parlant parfois à la troisième personne, Mouammar Kadhafi a rappelé qu’il n’était pas «un simple président» qui pouvait être battu «par une simple manifestation».

«Je mourrai martyr»

Le dirigeant libyen est «un combattant, un révolutionnaire» qui ne fera pas marche arrière. «Je mourrai martyr», a encore clamé Mouammar Kadhafi. D’après lui, les responsables des violences actuelles sont des forces extérieures, citant très souvent les Etats-Unis, la Grande-Bretagne ou Al-Qaida.

Pour le dirigeant libyen, ces «mercenaires» et autres «bandes criminelles» ont fourni des armes, de l’argent et de la drogue à une minorité de jeunes Libyens qui veulent imiter les révolutions tunisiennes et égyptiennes. Mais Mouammar Kadhafi a martelé que sa cause était juste. «Nous avons défié les grandes puissances, nous avons connu le succès, nous leur avons donné des leçons, nous allons diriger le monde entier, ils veulent écraser cette gloire», a-t-il indiqué.

Menace de guerre civile

Réfutant les accusations selon lesquelles l’armée libyenne aurait bombardé «des habitations», Mouammar Kadhafi a appelé le peuple libyen à former des comités populaires dans les villes. C’est la population qui doit assurer sa propre sécurité contre les «jeunes drogués» qu’il invite à être placés «dans des cures de désintoxication».

S’emparant du code pénal libyen, le dirigeant s’est mis à énoncer ce qui menaçait ceux qui portaient atteinte à la sécurité de l’Etat: la peine de mort. «Vous voulez que votre pays devienne comme l’Irak, la Somalie, l’Afghanistan?», a-t-il encore demandé à la foule, évoquant la menace d’une guerre civile ou que le pays devienne «un émirat d’Oussama ben Laden».