La Côte d'Ivoire reste dans l'impasse, Laurent Gbagbo refusant de céder la place à Alassane Ouattara, pourtant vainqueur de la présidentielle, selon la communauté internationale. Pour déloger Gbagbo, « l'intervention armée était impensable du fait des menaces de guerre civile et des risques de conflagration dans la région », explique Philippe Hugon, chercheur à l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris). La seconde option, l'asphyxie économique et financière, porte doucement ses fruits.

« Cela va prendre du temps »
Fermetures de banques, lien coupé entre la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) et le gouvernement du chef de l'Etat sortant, interdiction des exportations de cacao décidée par Ouattara… Une forme d'embargo financier s'est mise en place en Côte d'Ivoire. L'objectif : que Gbagbo ne puisse plus payer les fonctionnaires et les militaires qui se retourneraient alors contre lui. Henri de Raincourt, ministre français de la Coopération, a déclaré hier que les effets commençaient à se faire sentir. « Je pense que l'étau est en train de se resserrer. » Selon Bernard Conte, maître de conférences à l'université Montesquieu-Bordeaux-IV, « cela peut fonctionner, mais cela va prendre du temps ». Et le camp Gbagbo, ainsi acculé, pourrait se radicaliser. Des risques de violences et de guerre civile planent donc sur le pays. Et dans le bras de fer entre la communauté internationale et Laurent Gbagbo, le temps joue contre la paix. L. S.

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