Isabel Miranda de Wallace en compagnie du président mexicain Felipe Calderon à Mexico le 15 décembre 2010.
Isabel Miranda de Wallace en compagnie du président mexicain Felipe Calderon à Mexico le 15 décembre 2010. - Alexandre Meneghini/AP/SIPA

Propos recueillis par Vincent Vantighem

C’est une inconnue en France. Mais une voix rauque très célèbre au Mexique. Présidente de l’association «Alto al Secuestro» (Halte aux enlèvements), Isabel Miranda de Wallace a toujours condamné Florence Cassez. Mardi, elle a choisi 20 Minutes pour livrer son témoignage sur la crise diplomatique avec la France.

Comment jugez-vous les récents propos de Nicolas Sarkozy sur l’affaire Florence Cassez?
Je les trouve excessifs et disproportionnés. Il confond les choses. L’affaire Florence Cassez est un sujet juridique qui a atterri de façon erronée au niveau diplomatique et politique. Les Mexicains et les Français ont des intérêts beaucoup plus importants que cette affaire.

En France, l’opinion publique est partagée sur la culpabilité de Florence Cassez...
Pas moi. Je suis sûre à 100% qu’elle est coupable. Elle a habité avec Israël Vallarta, qui a reconnu plusieurs enlèvements. Et puis, David Orozco, l’un des membres du gang, l’a désignée comme une responsable des enlèvements.

Mais David Orozco a expliqué qu’il avait avoué sous la torture...
Ça n’a jamais été prouvé. Et surtout, 90% des kidnappeurs arrêtés prétendent avoir été torturés. C’est un grand classique.

Que répondez-vous à ceux qui pensent que vous êtes instrumentalisée par le gouvernement mexicain?
C’est une offense de penser ça de notre association non gouvernementale. Nous avons lutté et continuerons à lutter pour toutes les victimes d’enlèvements. Que ce soient celles de Florence Cassez ou d’autres.

Des bruits courent sur votre possible implication lors de l’élection présidentielle de 2012 aux côtés du président Calderon...
Je n’ai aucune ambition politique. Je vais continuer ma lutte à ma place.