Plusieurs morts dans les manifestations en Tunisie

MONDE Le bilan officiel est contesté par l'opposition...

Avec Reuters

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Quatorze civils ont été tués dans des affrontements avec la police dans la nuit de samedi à dimanche, à Thala et Kasserine, affirme le gouvernement tunisien, cité par Reuters. Dans des précédents bilans, le nombre avancé était de deux puis huit décès. Mais pour le leader de l'opposition, au moins vingt personnes ont perdu la vie.

Deux, trois ou quatre morts?

Selon des témoins, des heurts étaient toujours en cours, dimanche, dans une ville voisine de Thala, Kasserine, entre une foule d'émeutiers lançant des pierres et des bombes incendiaires et des policiers. Trois personnes auraient été tuées par des tirs. Trois témoins, dont un militant syndical, ont déclaré avoir vu trois corps à Kasserine - l'un tué samedi soir et les deux autres dimanche. D’autres témoins, se présentant comme étant des voisins des victimes, ont dit à Reuters avoir vu quatre corps après les affrontements. Ces informations n'ont pas été confirmées par les autorités.

Les autorités ne répondaient pas aux appels de Reuters pour tenter d'obtenir confirmation du bilan à Kasserine. De même, les médecins de l'hôpital local refusaient de répondre aux questions. Kasserine, où selon ces témoins les heurts ont débuté samedi soir, est le chef-lieu du gouvernorat auquel appartient Thala.

Chômage

La Tunisie connaît depuis la fin décembre une rare agitation sociale, les jeunes dénonçant la pénurie d'emplois. Le président Zine al Abidine Ben Ali a déclaré que les manifestations violentes étaient inacceptables et le gouvernement les a imputées à une minorité d'extrémistes.

«La police a ouvert le feu en état de légitime défense et cela a conduit à la mort de deux personnes et huit personnes ont été blessées. Plusieurs personnes ont été blessées parmi les forces de l'ordre, dont trois grièvement», affirme dans un communiqué le gouvernement, faisant référence aux pierres et aux cocktails molotov lancés sur les policiers.

En plus d’officiers de la police, l’armée participerait également à la répression des manifestations. Au moins six habitants de Thala, joints par Reuters au téléphone, ont indiqué avoir vu plusieurs véhicules militaires pénétrer dans la ville samedi soir. Il s'agit de la première information faisant état d'une intervention de l'armée aux côtés de la police pour mettre un terme aux émeutes.