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Alors que Laurent Gbagbo refuse toujours de quitter le pouvoir, et que le Conseil de sécurité de l’ONU a prolongé lundi de six mois le mandat de sa force en Côte d'Ivoire, défiant ainsi le président sortant, la situation semble de plus en plus tendue. Et cette situation pourrait continuer de se dégrader, selon Michel Galy, politologue et rédacteur pour la revue Culture et Conflits, qui affirme qu’«un scénario catastrophe est assez probable».

Celui auquel le spécialiste s’attend? «Un scénario à la rwandaise, ce qui signifierait que les quartiers d’Abidjan pro-Gbagbo, comme Youpougon, et ceux comme Abobo, pro-Ouattara, entrent en conflit direct». Avec au milieu la force de l'ONU en Côte d'Ivoire (Onuci), qui risque désormais de se retrouver dans la même situation que l’Ecomog en Sierra Leone. Cette dernière, rappelle l’expert, «bien que mandatée par l’ONU, était devenue une faction parmi d’autres dans le conflit».

Trois scénarios de gouvernement

Cependant, le politologue entrevoit une possible sortie de crise, via les négociations «à tout-va» qui ont lieu entre différents acteurs depuis l’annonce des résultats de l’élection présidentielle. Ainsi, «après l’ancien président sud-africain Thabo Mbeki, le Gabonais Jean Ping, président de la Commission de l'Union africaine, ou encore l’Eglise catholique font la navette entre les deux présidents pour trouver un point d’accord», explique-t-il. Il rappelle en effet que les «casques blancs» de la communauté catholique Sant’Egidio ont déjà par le passé aidé à régler d’autres conflits, comme au Mozambique ou au Burundi.

Objectif de ces négociations? Trouver une combinatoire entre les gouvernements Gbagbo et Ouattara. Et pour cela, trois solutions possibles: soit l’un des deux hommes est nommé président et l’autre Premier ministre, soit les deux présidents se succèdent au pouvoir –ce qui «n’est pas très réaliste», selon Michel Galy–, soit, enfin, Alassane Ouattara exerce son pouvoir sur la zone nord, et Laurent Gbagbo fait de même sur la zone sud, Abidjan compris.

Cependant, une telle partition signifierait que l’unité que devait consacrer l’élection présidentielle a échoué, rappelle le politologue. D’autant plus que les ultimatums lancés ces derniers jours, de la France en particulier, risquent de réduire à néant ces négociations. «Il y a deux pouvoirs de fait, il faut désormais chercher des médiations, comme l’a proposé Dominique de Villepin», affirme Michel Galy. Ce dernier ferait d’ailleurs un bon médiateur, selon lui, dans la mesure où il semble bien s’entendre avec Laurent Gbagbo.

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