Des partisans d'Alassane Ouattara dans les rues de Bouaké, le 5 décembre.
Des partisans d'Alassane Ouattara dans les rues de Bouaké, le 5 décembre. - L. GNAGO / REUTERS

L'épreuve de force se joue maintenant dans la rue en Côte d'Ivoire. Mardi, le président élu et soutenu par la communauté internationale, Alassane Ouattara, a appelé à une manifestation pacifique ce jeudi, pour obtenir la démission de Laurent Gbagbo, le président sortant qui refuse de reconnaître sa défaite dans les urnes.

Plus de deux semaines après le second tour de l'élection présidentielle, le pays demeure en effet grotesquement partagé entre deux chefs d'Etat. La marche d'aujourd'hui, souvent évoquée mais toujours repoussée par peur de violences, doit soutenir l'initiative du Premier ministre, Guillaume Soro, qui a annoncé qu'il se rendrait, aujourd'hui également, avec son gouvernement au siège de Radio télévision ivoirienne (RTI), puis, vendredi, à la Primature, pour un Conseil des ministres.

 

Gbagbo tenté de négocier son départ?

Les deux bâtiments étant placés sous protection de l'armée, fidèle à Gbagbo, l'annonce est un défi qui lui est adressé. Or, « Gbagbo sait qu'il doit à tout prix éviter un carnage», considère Bernard Conte, chercheur au Centre d'études d'Afrique noire. Même si, certains au sein de son clan ont pu se montrer menaçants ces derniers jours, « il semblerait qu'il soit en train de négocier un départ», croit savoir le chercheur.

Selon lui, Gbagbo aurait compris qu'il était désormais «trop isolé» pour se maintenir. Ouattara avait donc tout intérêt à faire mouvement. «En outre, son appel a sans aucun doute fait l'objet de concertations, observe Bernard Conte. Bien sûr, les choses peuvent toujours dégénérer, mais Gbagbo sait désormais qu'il risque beaucoup trop gros.»

Mots-clés :

  • Aucun mot-clé