WikiLeaks dévoile le fonctionnement politique du Vatican

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Publié le 11 décembre 2010.

POLITIQUE - Dirigeants technophobes et peu en prise avec la réalité, manque de synergie entre les différents départements, manque de coopération sur les affaires de pédophilie... Tout y passe...

Des télégrammmes diplomatiques américains otenus par le site WikiLeaks lèvent une partie du voile sur le fonctionnement politique du Vatican, dont les dirigeants apparaissent peu en prise avec la réalité moderne. Dans un long câble daté de février 2009, l'ambassade des Etats-Unis auprès du Saint-Siège décrit le pape Benoît XVI comme un personnage souvent isolé que ses conseillers essaient de protéger des mauvaises nouvelles.

Le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d'Etat de la Curie romaine et premier conseiller du souverain pontife, est présenté comme un «béni-oui-oui» ne disposant d'aucune expérience diplomatique et maîtrisant mal les langues étrangères. Enrobé dans des formules diplomatiques, le mémorandum suggère que le cardinal Bertone protège le pape contre d'éventuelles mauvaises nouvelles. «Il y a également la question de savoir qui porte la contradiction auprès du pape, si tant est que cela soit fait», peut-on lire dans le texte publié par le quotidien anglais The Guardian.

Technophobie des cardinaux

Le mémo poursuit en expliquant que le premier cercle des conseillers de Benoît XVI est composé de personnages âgés, s'intéressant en priorité aux affaires italiennes et mal à l'aise avec la technologie et les techniques de communication. Le père Federico Lombardi, porte-parole du Vatican, est le seul prélat à savoir se servir d'un téléphone multifonctions BlackBerry. «La communication du Saint-Siège est souvent confuse en raison d'une technophobie des cardinaux et d'une ignorance des techniques de communication du XXIe siècle», affirme le mémo.

«Un seul conseiller papal possède un Blackberry et seuls quelques-uns disposent d'une messagerie électronique. Cette situation a conduit à des erreurs de relations publiques sur des sujets aussi sensibles que l'Holocauste», écrit le diplomate américain dans son message au département d'Etat.

Manque de coopération sur les affaires de pédophilie

Un câble du 26 février 2010 indique encore que les autorités religieuses ont tout fait pour ne pas coopérer avec les enquêteurs dans les affaires d'abus sexuels commis par des membres du clergé en Irlande. Le Vatican est apparu irrité et offensé par les demandes des enquêteurs qui souhaitaient procéder à des interrogatoires.

Le rapport de la Commission Murphy, publié en 2009, affirme que l'Eglise d'Irlande a tenté d'une manière obsessionnelle de cacher les abus commis sur des enfants dans le dioscèse de Dublin entre 1975 et 2004. La commission demanda à s'entretenir avec l'ambassadeur papal en Irlande et avec les membres en charge de ce scandale au Vatican, mais elle essuya un refus. «Le Vatican pense que le gouvernement irlandais n'a pas respecté et protégé la souveraineté du Vatican au cours de ces enquêtes», écrit l'auteur du télégramme.

Couacs de communication

Le télégramme estime aussi que le manque de synergie entre les différents départements du Vatican explique la mauvaise gestion de plusieurs affaires. La première est le discours de Ratisbonne en 2006 au cours duquel le pape avait fait un lien entre l'islam et la violence, et la seconde concerne la levée en 2009 de l'excommunication de l'évêque traditionnaliste Richard Williamson connu pour son négationnisme.

Cette décision avait provoqué l'indignation des représentants de la communauté juive et d'autres associations. Le Vatican avait simplement affirmé ignorer que le religieux avait nié toute la portée de l'Holocauste. Le pape reconnut lui-même dans un ouvrage que personne dans son entourage n'avait consulté Internet «pour établir à quelle genre de personne ils avaient affaire». Réagissant à la publication de ces informations, le père Lombardi a déclaré ce samedi que le télégramme reflète l'opinion de ses auteurs mais qu'il n'est «pas l'expression du Saint-Siège lui-même».

B.D. avec Reuters
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