Côte d'Ivoire: L'élection d'Alassane Ouattara invalidée par le Conseil constitutionnel

ELECTION Il avait été donné vainqueur par la commission électorale indépendante...

C. F. avec Reuters

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Alassane Ouattara, donné vainqueur de la présidentielle en Côte d'Ivoire, le 29 octobre 2010 à Abidjian.

Alassane Ouattara, donné vainqueur de la présidentielle en Côte d'Ivoire, le 29 octobre 2010 à Abidjian. — REUTERS/Luc Gnago

Après moults rebondissements, et alors que le président de la Commission électorale indépendante en Côte d'Ivoire avait fini par annoncer la victoire d'Alassane Ouattara au second tour de la présidentielle avec 54,1% des voix, le président du Conseil constitutionnel ivoirien, Paul Yao N'Dré, a estimé ce jeudi soir que les résultats fournis par celle-ci n'étaient pas valides. Le magistrat, proche allié politique de Laurent Gbagbo, a souligné que le délai légal fixé à la commission électorale avait expiré mercredi à minuit. «Une fois ce délai expiré, la commission électorale n'est plus habilitée à annoncer les résultats», a-t-il ajouté.

Le président sortant, Laurent Gbagbo, avait recueilli 45,9% des suffrages, selon la commission électorale.

«Il n'y a aucune validité juridique à cette proclamation»

Après l'annonce de sa victoire, Alassane Ouattara avait aussitôt déclaré qu'il avait l'intention de former un gouvernement d'union nationale qui comprendrait des membres des différents mouvements politiques du pays et de la société civile. Cependant, ces résultats n'ont pas de «validité juridique», avait réagi ce jeudi Pascal Affi N'Guessan, le directeur de campagne du président sortant, Laurent Gbagbo. «On attend la décision du Conseil constitutionel, donc cette proclamation n'a pas d'intérêt pour nous», a-t-il ajouté. Selon Pascal Affi N'Guessan, la commission avait jusqu'à mercredi minuit pour publier les résultats du scrutin. «La CEI (est) forclose depuis minuit, donc il n'y a aucune validité juridique à cette proclamation», a-t-il dit.

Repoussé depuis 2005, ce scrutin présidentiel doit permettre à la Côte d'Ivoire de tourner la page d'une décennie de troubles et de division, due à une tentative de coup d'Etat contre Laurent Gbagbo en 2002. Mais le climat était tendu autour de l'annonce de ces résultats. Au moins quatre partisans d'Alassane Ouattara ont été tués par balles dans la nuit de mercredi à jeudi à Abidjan, et une douzaine auraient été blessés, selon Issouf Diomande, un représentant du parti d'Alassane Ouattara, cité par la BBC.

L'ONU appelle les autorités ivoiriennes à la transparence

Mardi soir, la conférence de presse de la commission électorale avait tourné à la farce lorsque des partisans de Gbagbo avaient déchiré la feuille de résultats alors qu'un porte-parole souhaitait les annoncer. Selon l'opposition, Laurent Gbagbo a bloqué l'annonce des résultats car il se savait battu par Ouattara.

De son côté, le Conseil de sécurité des Nations unies a prévenu les parties ivoiriennes qu'il était prêt à prendre des «mesures appropriées» contre quiconque ferait obstacle au processus électoral, a rapporté ce jeudi l'ambassadrice des Etats-Unis à l'Onu. «Les membres du Conseil de sécurité ont rappelé aux dirigeants (ivoiriens) qu'ils portent la responsabilité première de la garantie d'un processus pacifique et leur ont demandé de faire preuve de retenue, de s'abtenir de toute ingérence dans le travail de la CEI et d'honorer leurs engagements à respecter les résultats», a ajouté Susan Rice.