De notre correspondant à Los Angeles
Il occupe la 3e position au classement Forbes des hommes les riches du monde. Autant dire que lorsqu'il parle d'argent, Warren Buffett est écouté. Dimanche, sur le plateau de la chaîne ABC, il s'est attaqué au débat fiscal: «Je pense que les gens les plus riches, comme moi, devraient payer bien plus d'impôts», a-t-il expliqué. Selon Buffett, dont la fortune personnelle est évaluée à 47 milliards de dollars, «les riches n'ont jamais eu la vie aussi facile».
Le débat est similaire à celui sur la supression de l'ISF en France. Warren Buffett, supporter d'Obama, fait ces déclarations au moment où démocrates et républicains croisent le fer sur la fin des baisses d'impôts de George W. Bush, qui arrivent à échéance le 31 décembre. Barack Obama veut les reconduire pour tous les foyers gagnant moins de 250.000 dollars (185.000 euros) par an. Les républicains veulent les renouveler pour tout le monde.
Obama accuse ses adversaires d'hypocrisie, estimant qu'ils ne peuvent pas faire de la réduction des déficits une priorité tout en renonçant à des revenus conséquents. Un repère, donné par Fox News: un couple marié gagnant 300.000 dollars par an devrait payer 4.000 dollars supplémentaires si les baisses d'impôts ne sont pas reconduites.
L'heure tourne. Du coup, chacun joue la montre. Si aucun compromis n'est trouvé, les impôts augmenteront pour tous les monde, riches comme pauvres. Côté républicain, on insiste, c'est «tout ou rien». Côté démocrate, on parie que l'autre camp n'osera pas aller au bout et être responsable d'une hausse d'impôts pour la classe moyenne, déjà très fragilisée par la crise.
Quid du classique argument républicain «si on taxe moins les riches et les PME, ils investissent davantage et font croître l'économie»? «Les riches vont toujours dire ça. 'Donnez-nous davantage, on va dépenser plus et cela ruissellera sur ceux en dessous'», répond Buffett. Qui conclut: «Ça fait 10 ans que cela ne marche pas. J'espère que les Américains s'en rendent compte.»