Russell Williams, colonel de l'armée canadienne reconnu coupable en octobre 2010 de meurtres à caractère sexuel, pose dans les sous-vêtements qu'il a volés.
Russell Williams, colonel de l'armée canadienne reconnu coupable en octobre 2010 de meurtres à caractère sexuel, pose dans les sous-vêtements qu'il a volés. - Ho New/ REUTERS

avec AFP

La justice canadienne a condamné ce jeudi à la prison à vie, sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans, le colonel Russel Williams, ancien commandant de la plus grande base aérienne du pays, pour les meurtres de deux femmes et des agressions sexuelles.

«Un homme malade et dangereux»

Le militaire de 47 ans a été reconnu coupable de 86 chefs d'accusation, dont ceux de meurtres avec préméditation, d'agressions sexuelles et d'entrées par effraction chez plusieurs femmes résidant autour de la base de Trenton (Ontario, centre) qu'il dirigeait jusqu'à son arrestation en février.

Le haut gradé, qui avait notamment piloté l'avion transportant la reine d'Angleterre en visite au Canada, est «un homme malade et dangereux», a déclaré lors du prononcé de la sentence le juge Robert Scott. Son procès, ouvert lundi, a été marqué par des récits sordides, en particulier ceux des viols du caporal Marie-France Comeau et de Jessica Llyod, dont il avait filmé et photographié le martyre.

«Je me tiens devant vous honteux des crimes que j'ai commis»

L'accusation a raconté comment le militaire se transformait en prédateur sexuel digne des pires films d'horreur, épiant le train-train de ses futures victimes avant de s'introduire par effraction à leur domicile pour ensuite les agresser sexuellement et les tuer. A chaque fois, les jeunes femmes l'ont supplié de leur laisser la vie sauve, supplices qu'il a filmés, comme l'ensemble de ses agressions.

«Votre honneur, je me tiens devant vous honteux des crimes que j'ai commis», a assuré Williams, la voix serrée. «Je regrette sincèrement ce que j'ai fait et la souffrance que j'ai causée avec ces crimes sordides», a poursuivi l'accusé. S'il a estimé que ces excuses paraissaient sincères, le magistrat a rappelé que «Marie-France et Jessica ne devaient pas mourir».