De notre correspondant à Los Angeles
Comme chaque vendredi, retrouvez ce qui a fait l'actualité de la semaine politique américaine, à deux semaines d'une élection mal embarquée pour Obama et les démocrates.
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Christine O'Donnell et la sorcellerie, suite
Faut-il faut en rire ou en pleurer? Le point culminant de la semaine fut le débat pour la sénatoriale du Delaware, qui oppose le démocrate Chris Coons à la républicaine Christine O'Donnell, soutenue par le Tea party. O'Donnell, une sorte de Sarah Palin du pauvre, est toujours hantée par des déclarations faites il y a 10 ans, quand elle confiait sur un plateau télé avoir «flirté avec la sorcellerie» à l'adolescence. Face aux railleries, un de ses spots de campagne commence par le fameux «Je ne suis pas une sorcière», ridiculisé par Saturday Night Live samedi dernier. Mercredi, entre deux remontées de mineurs chiliens, le débat a pris une tournure surréaliste quand Wolf Blitzer, journaliste vétéran de CNN, a mis le dossier sur la table. «Mais à quoi pensiez-vous en réalisant ce spot?», demande-t-il. Elle esquive: «Je voulais tourner la page». Au-delà de l'anecdote, O'Donnell (comme Palin) n'a pas été capable de citer une seule décision de la Cour Suprême avec laquelle elle était en désaccord. «Pensez-vous que l'évolution est un mythe, comme vous l'avez déclaré?», charge Blitzer. Réponse: «Ce que je crois n'a pas d'importance». Dans les sondages, elle accuse entre 10 et 20 points de retard sur son adversaire. Allez comprendre.
Pour ceux qui l'ont raté, le fameux spot:
Et la parodie de SNL:
Duel de cowboys en Arizona
Si O'Donnell ne semble pas destinée à dépasser le simple stade de la blague, Sharron Angle, elle, fait trembler les démocrates dans le Nevada. La darling du Tea Party se trouve au coude-à-coude avec Harry Reid, leader de la majorité démocrate au Sénat. S'il perd, ce sera un désaveu complet de la politique menée par Obama et le Congrès depuis 2 ans. Le débat a tourné au combat de boxe, jeudi, chaque candidat se rendant coup bas pour coup bas. Angle a dépeint Reid comme un insider de Washington qui utilise son salaire de sénateur pour résider au Ritz. Ce dernier a répliqué en présentant son adversaire comme une extrémiste, que refuse de soutenir un influent sénateur local républicain. Lors du débat, Angle a juré que «deux villes américaines avaient instauré la charia (loi islamique, ndr)». Coincée par un journaliste, elle expliquera plus tard qu'elle avait «cité un article» qu'elle avait lu «rapidement».
De l'usage du mot «pute»
Après l'affaire de la femme de ménage sans papiers, la campagne pour le poste de gouverneur de la Californie a été polluée cette semaine par les suites du «whoregate». Un des membres de l'équipe du démocrate Jerry Brown a qualifié, en privé, la républicaine Meg Whitman de «pute» («whore», pour avoir «vendus les Californiens» afin d'obtenir le soutien d'un syndicat). Lors du débat, Brown s'est excusé du bout des lèvres pendant que Whitman lâchait des petits «ohhh» comme une petite fille. «N'est-ce pas votre chef de campagne qui a lui-même qualifié les membres du Congrès de putes», attaque Brown? «Ce n'est pas pareil», répond l'ancienne PDG d'eBay sans sourciller, sous les rires de la salle, visiblement pas d'accord. Dans le premier sondage réalisé par Rassmussen depuis les deux affaires, Jerry Brown semble prendre l'avantage, avec 6 points d'avance.
En chiffres: légère remontée des démocrates dans les sondages
Si la Chambre des représentants, renouvelée dans son intégralité, semble perdue, le Sénat pourrait rester sous contrôle démocrate. Selon la bible FiveThirtyEight, la légère remontée du parti d'Obama dans les sondages au niveau national (+3 points) devrait lui permettre de conserver une courte majorité: d'après leurs calculs, il y a 80% de chance pour que les démocrates décrochent 52 sièges sur 100 au Sénat.